Warhammer le jeu de rôle : L'épopée des Porteurs de Vertus Index du Forum

Warhammer le jeu de rôle : L'épopée des Porteurs de Vertus
Histoire d'une table

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud
Aller à la page: 1, 2, 3  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Warhammer le jeu de rôle : L'épopée des Porteurs de Vertus Index du Forum -> Warhammer Tails
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
L'étranger
Responsable Binettes

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 21
Localisation: Empire
Masculin
Point(s): 23
Moyenne de points: 1,10

MessagePosté le: Jeu 17 Avr - 18:44 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

En mer


1er jour de mer – Départ du comptoir des Cocotiers :


Le conflit qui opposait la tribu des N'konmis, siège du comptoir Timmermann et la tribu des Ourougnous sous l'influence du comptoir bretonien, a pris fin depuis 43 jours. Malgré de nombreuses pertes humaines et matériels, nous en sommes sortis victorieux. Nous laissons derrière nous, un village en pleine reconstruction mais qui ne tardera pas à prendre un nouvel essor grâce aux emménagements prévus.  
 
Raspoutine fulmine encore, je le soupçonne d'ailleurs de lancer des rumeurs dégradantes sur ma personne. La raison ? Mon compagnon du Nord, n'a pas supporté ma prise de décision concernant les accords de paix, pour lui, un ennemi vaicu et un ennemi mort. Pas étonnant qu'avec un sens de la diplomatie aussi peu aiguisé, le Kislev ne dispose pas d'allié. Magister Maier m'en avais avisé, le constate désormais. 
 
Marten et Esteban sont alités mais se remettent bien des blessures qu'ils ont subies. Quant à Mamadou, il a décidé de se joindre à nous. Mauvaise idée à mon avis, il idéalisme le vieux continent mais il sera vite confronté aux regards condescendants et sera toujours traité comme le sauvage qu'il est.  
 
Nous mettons cap en direction de Margrita, j'espère qu'El Stupendo aura eu le temps de trouver les réponses que je suis venu chercher. 


 
 
6ème jour de mer – Rats 
 
Le navire est infesté par les rats. J'ai empressement préconisé à Marten de trouver une solution dans les plus brefs délais afin d'éviter la propagation de maladie. 
 
 
11ème jour de mer – Prolifération 


Les rats sont désormais plus nombreux que notre équipage. Je me suis rendu aux cales de bonne heure afin d'éviter les regards pesant mais accoutument que les matelots posent sur ma personne, je pensais surprendre Marten dans son sommeil mais à mon grand étonnement, il était déjà sur pied et pleurait son chat, apparemment tué par les rats. Je suis reparti. Je crois que je devrais m'occuper moi-même de cette prolifération. 
J'ai instauré un système de récompense pour tous ceux qui apporteront une queue de rat. 
 
12ème jour de mer – Capitaine 
 
Cela fait 3 jours que je n'avais pas aperçu notre capitaine, je me suis rendu dans sa cabine. L'atmosphère y était lourde, il y régnait une chaleur suffocante. Je distinguais la silhouette de Launa dans son lit sous une multitude de peaux de bêtes exotiques. En me rapprochant, je constatais que la malheureuse était transit de froid malgré les goutes de sueur qui déferlaient de son front. Du bout de ses lèvres crevassés et rougis par le sang, elle balbutia quelques mots dont le sens m'est encore un mystère. Je lui apportai des herbes à infuser et du rhum chaud et fis chercher Sigmund pour qu'il s'emploie à trouver un remède pour la malheureuse. 


 
 
14ème jour de mer – Epidémie 
 
Les cas de maladies au sein de l'équipage apparaissent chaque jour, je crois que nous pouvons désormais parler d'épidémie. Les malades sont confinés dans la cabine du capitaine. 
 
 
17ème jour de mer – Rats et maladie 
Le nombre de rats ne cesse d'augmenter, les marins se lassent de les pourchasser, nos réserves de nourriture s'amenuisent, dévorées ou gâchées par ses vermines. Sigmund a encore recensé deux nouveaux malades. Notre voyage ne pouvait pas plus mal commencer, nous allons devoir envisager de faire escale avant Margrita. 




 
19ème jour de mer – Supporte et Abstiens-toi 
 
Voilà plusieurs mois que Lakshmi occupe ma cabine, la jeune fille, la jeune femme devrais-je dire, en vue du développement naturel des formes qu’elle arbore désormais, s’emploie à maintenir de l’ordre dans certaines de les affaires que je souhaite lui monter, elle me prépare mes infusions et en échange, je lui apprends les lettres et les chiffres. Nous avons créé un lien de respect mutuel. Elle s’amuse parfois à m’appeler mentor. Lorsque j’ai le temps, nous échangeons  notre vision du monde dans lequel nous vivons. C’est une jeune femme très étonnante, elle apprend vite, il est dommage qu’elle ne possède pas le 3ème œil, j’aurais tant de chose à lui apprendre. 
 
 
Je crains que malgré ma discipline stricte sur les déviances de l’art de la magie, elle s’estompe sous le charme de la jeune arabe. Il m’est de plus en plus difficile de mon concentrer sur mes études lorsqu’elle traverse la pièce. Et même lorsqu’elle n’est pas là, je songe parfois à elle entre deux lignes de l’ouvrage que je lis.  
 
 
Magister Maier m’a mis en garde lorsque j’ai décidé de suivre la lignée des Magisters Gris du Stoïcisme. « Supporte et Abstiens-toi » me répété-t-il. Ceci dans le but de ne ressentir aucun plaisir, aucune souffrance. Les passions troublent l’âme, elles sont jugement, elles sont irrationnelles.  Elles nous dépossèdent de la maîtrise d’arts ésotériques. L’amour, l’ivresse, la haine sont comme tout ce qui pourrait user notre cœur au mépris de notre raison, des passions qu’il faut proscrire dans la vie du magicien qui choisit la voie des Magister Stoïques. 
 
 
Supporte et Abstiens-toi 
 
 
20ème jour de mer – Tonneaux vides 




Marten m'a abordé dans la matinée pour me prévenir que plusieurs centaines de litres de rhum avaient été prélevé à son nez et à sa barbe. Ses soupçons se dirigeaient sur son bras-droit, Ricardo. Il m'a sollicité pour interroger son homme de "confiance". 
 
 
Ricardo a avoué servir du rhum lors de soirées clandestines et s'est défendu en prétextant qu'il n'avait pas su s'arrêter mais que cela permettait de maintenir le moral des hommes d'équipage à travers les épreuves que nous subissons. Je dois dire qu'il n'a pas tout à fait tort mais Marten ne le voit pas comme cela et décidé que le tort causé prévalait sur le moral des matelots. Pour ma part, connaissant Marten, je suppose que la trahison de son compagnon prime sur le tort qu'il a peu causé. Ricardo a été nommé préposé au brossage de l'ancre. 


 
21ème jour de mer – Arrêt 
 
Le vent n'a pas soufflé aujourd'hui 


 
 
22ème jour de mer – Rumeurs 
 
Nous sommes toujours à l'arrêt. 
 
 
Le moral de l'équipage est au plus bas. La restriction du rhum dû à la fermeture du bar clandestin de Ricardo, la maladie et les rats en sont les causes. Les bagarres éclatent à chaque fois qu'une vague est suffisamment déstabilisante pour qu'un marin bouscule un de ses compagnons. La tension est palpable. Et les rumeurs qui font de moi le coupable des malheurs que le navire subit se répandent à la même vitesse qu'Ulgu  s'accapare le cœur de l'homme égaré en foret. 
 
24ème jour de mer – Tensions 
 
Les jeux d'argent ne sont permis que depuis une journée que le sang d'un chanceux a déjà coulé. Raspoutine a décidé de faire justice, je m'attendais qu'il prenne sa hache et fasse subir à l'assassin le même châtiment que la victime. Mais non. Le meurtrier a pu retourner à ses affaires après avoir battu le guerrier nordique aux dés. 
25ème jour de mer – Conseil 
 
Voilà 4 jours que nous n'avons plus dépassé le nœud. Le Conseil a été appelé à statuer sur les maux que nous subissons depuis notre départ. En l'absence de Launa, Esteban s'est vu octroyer le commandement de l'assemblé. La question de la prolifération des rats a été rapidement réglée, Esteban a convenu que ceci devait être réglé au plus vite par Marten. Je me suis proposé de lui venir en aide. A mon avis, des ombres ardentes suffiront à l'extermination de ces vermines. 
 
Concernant le moral de l'équipage, Esteban a interdit tout rassemblement mais me concernant j’ai ma petite idée pour les divertir. 
 
 
Le dernier sujet a occasionné un débat stérile de plusieurs heures. Il était impératif désormais de trouver une solution à l'absence de vent. Nous nous sommes tous, hormis Raspoutine, accordé à la proposition du prêtre Trakus qu'un sacrifice devait être fait à Manann, Dieu des Mers et des Vents Marins. Je ne reviendrais pas sur les sottises et absurdités qui ont pu être dites autour de la table, je suis convaincu que la plus part des membres du commandement ne savent pas comment occupé leur journée malgré leur poste. D'où le plaisir qui se lit sur le visage de certain autour de la table à mesure que les heures défiles. Cela a le don de m'exacerbé, moi qui ne dort que deux heures par nuit. Si j'étais à la barre de se navire, beaucoup de tête s'aurait déjà tombé et je serai auprès des miens à protéger l'Empire de l’envahisseur chaotiques. 


 
 
Après délibération le Conseil a décidé le sacrifice de Ricardo malgré le vote défavorable de Raspoutine et Marten. 


 
Dans l’après-midi, j’ai pris de mon temps pour débarrasser le navire des rongeurs qui le ravageait.  


 
Le soir venu, Ricardo fût sacrifier et je profitai de ce moment pour aménager une taverne illusoire sur le pont. L’ambiance était festive. 
 
 
26ème jour de mer – Retour du vent 
Vers midi, le vent s’est levé et nous avons pu repartir, les marins ont repris leurs activités. Nous avons décidé de mettre le cap sur Abousindra pour réparer notre bateau, soigner nos malades et faire le plein de provisions. 




30ème jour – Terre 
Nous avons accosté dans l’après-midi à Abousindra, cité séparé en deux avec d’un côté le palais Al-Lakadar régie par des sorciers occultes  et de l’autre Al-Helaedin gouverné par des législateurs. D’après ce que j’ai pu comprendre, il y a consensus entre les deux villes de la cité ce qui la protège de la guerre civile. 



Abousindra 
 
 
2ème jour – Abousindra - Spectacle et invitation 
 
Mes compagnons et moi-même avons usé de nos talents pour une nouvelle fois proposer un spectacle de rue et comme à notre habitude, nous avons eu un franc succès. Nous sommes d’ailleurs fait inviter par une femme étrange qui a effleurer tous mes sens par son aspect spectral, elle nous convié à présenter notre représentation au Mufti d’Al-Lakadar, Assan Iben Massah Add-Al Hassan. 


 
Esteban a engager un noble nain du nom de De botte, j’ai échangé quelques mots avec lui mais son regard est méfiant comme à chaque que me rencontre, cela changera rapidement quand il se rendra compte comme les autres que sans moi, ils ne serait rien.  
 
3ème jour – Abousindra - Al-Lakadar, Assan Iben Massah Add-Al Hassan 
 
J’en ai encore des sueurs froides malgré la chaleur de la nuit lorsque j’écris ces quelques lignes. 
 
Plus tôt dans l’après-midi, nous nous somme rendu comme prévu aux porte du palais d’Al-Lakadar, toutes les femmes étaient recouverte de draps fin mais assez épais pour empêcher quiconque d’apercevoir leur couleur de peau. A l’intérieur du palais, je me sentais étrangement bien, dû certainement qu’aucune lumière du jour ne pouvait filtrer puisque la demeure ne possédait pas de fenêtre. 
 
Le Mufti contemplait notre spectacle à l’abri des regards derrière un large paravent mais je sentais une puissance incommensurable se dégager.  


 
A la fin de notre spectacle, malgré ma réticence, j’osais lui adresser quelques mots en Haut-Néhékarin. Par ce biais, la femme que nous avons rencontrée la vieille en ville, me pressa de rejoindre seul, une salle adjacente. Derrière un fin rideau, le Mufti se dressait devant moi, je pouvais distinguer la forme de sa silhouette mais par-dessus tout, je ressentais 3 siècles de pratique et d’étude la magie du sang, de l’illusion, d’élémentalisme écrasait tout mon corps. Je me senti souris face devant tant de puissance. Rien que dis penser, j’en ai des étours. Nous avons échangé quelques mots et il me proposa un marché. La cité d’Abousindra est en proie à des pillages de caravane, de ce fait, la ville est en pénurie de bois. Comme nous avons besoin de ce bois pour les réparations de notre navire, j’ai accepté au nom de mes compagnons de venir en aide à la ville car malgré la puissance du Mufti, il est pieds et mains liés par les enjeux politiques de sa région. 


 
De devrions partir demain en direction du désert, dans une région gouverné par d’autres Kalifs. D’après les information reçues, les caravanes ont été attaqué par une nuée d’étranges oiseaux. 


 
De plus, Al-Lakadar, Assan Iben Massah Add-Al Hassan m’a apporté des éléments essentiels pour mes recherches de la prophétie qui permettra de sauver l’Empire.   


 

_________________
Ne faites pas attention à moi, je ne suis que de passage.


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 17 Avr - 18:44 (2014)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Raspoutine
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2012
Messages: 15
Localisation: Neuch
Point(s): 27
Moyenne de points: 1,80

MessagePosté le: Mer 23 Avr - 18:39 (2014)    Sujet du message: Journal fragmentaire d'un cocher kislévite en vadrouille Répondre en citant

Journal fragmentaire d'un cocher kislévite en vadrouille dans le sud
 
Je caressai amèrement la tête de Foundouk, que je dû une fois de plus laisser derrière moi pour partir avec mes compagnons à travers les sables. Je n'avais saisi que des bribes d'information concernant notre quête et j'avais l'étrange sentiment que l'on se jouait de nous... une fois de plus. Nous laissâmes donc Aboussindra derrière nous, surplombée majestueusement par ses deux medinahs, engagées dans une guerre froide fraternelle depuis la nuit des temps, et suivirent le guide qui nous avait été recommandé par une des femmes du palais dont les yeux verts occupèrent mes pensées sur quelques lieues. Les premières furent d'ailleurs les plus difficiles car monter à dos de chameaux n'est pas vraiment comparable à chevaucher et mes qualités de cavalier ne m'épargnèrent pas la chute, comme à chacun des mes comparses, aux franchissements des premières dunes. De ce que j'avais compris de notre entretien, nous étions donc chargé d'enquêter sur la disparition d'une caravane affrétant du bois, denrée précieuse dans les mers du sud, jusqu'à Aboussindra. Notre guide, habillé des mêmes habits que les bédouins que nous avions déjà pu rencontrer, ne parlait que très peu mais semblait prévoyant puisque en plus de sa monture, un second chameau chargé de multiples baluchons, outres et autres sacoches, le suivait docilement. Cela me rassura un peu car mes compagnons et moi même n'avions compté que pour dix jours de voyage or les réserves du guide semblait suffisantes pour de longs mois. Ce dernier fut progressivement plus bavard et lors de notre premier campement qu'il choisi avec soin, il nous informa des risques du désert que nous traversions. Outre la tribu des bédouins Yasminabadi, qui, la plupart du temps, étaient pacifique mais dont on ignorait les dernières intentions, de nombreux Efrites et Djinns habitaient les sables et il nous prévint que dans tous les cas, en rencontrant l'un d'eux, la voie de la politesse était sûrement la meilleure marche à suivre. A force de discuter, nous nous rendîmes compte que son visage ne nous était pas inconnu et ne tardâmes pas à nous rappeler de cette homme qui cherchait à embarquer quelques jours plus tôt et en discutait avec le nain Deux-Bottes, engagé par Esteban. Nous l'interrogeâmes alors pour savoir quel était réellement son rôle et apprîmes qu'il rendait en réalité un service à un ami ayant des intérêts personnels dans notre enquête.


La nuit se passa sans problème et nous nous mîmes en marche le lendemain, suivant les pas de Rachid El'Morisko, notre guide qui avait également fini par nous donner son nom. Après quelques heures nous fûmes contraint de nous abriter sous des rochers afin d'échapper aux rayons meurtriers de notre astre. Ah, mais pourquoi ai-je quitté mes steppes glacées où le soleil réchauffe le cœur au lieu de le suffoquer... Soudain Viktor sembla inquiet. En effet après quelques instants, nous pouvions tous distinguer deux silhouettes s'avancer droit dans notre direction et Rachid de murmurer "touaregs...". Abadoubamba et Viktor partirent à leur encontre afin de connaître leurs intentions et revinrent peu après, accompagnés des deux touaregs au visages calmes et sans émotion. Aucunement hostiles, ces derniers préparèrent le thé puis nous y invitèrent. C'est à cet instant précis qu'Esteban failli créer un incident en tentant de baragouiner en arabe. Je ne pu personnellement dire si il essayait réellement de formuler une phrase où s'il se foutait purement de leur gueule, vu que je ne parle nullement ces langues barbares mais je suis sûr que si Viktor n'avait rattrapé la situation, nous étions bons pour nous battre sous ce soleil de plomb. Nous comprîmes qu'ils se dirigeaient vers la zone où ils pensaient trouver la tante de l'un d'eux. Peut-être ces gens là apprendront un jour à construire des maisons afin de pouvoir retrouver plus facilement leurs familles... Ils nous mirent  également en garde contre les Sephirathes, une sorte de grand oiseaux très territoriaux, et nous indiquèrent finalement la direction à suivre afin de rejoindre le djebel d'Al-Gourad où nous pensions trouver la caravane perdue. Nous repartîmes après avoir remercié ces gens du désert, enfin, quelqu'un les remercia sûrement, et arrivâmes finalement à ce pic sillonné d'une étroite gorge que nous suivîmes. Nous débouchâmes alors sur un réseau de galeries de roches, surplombées par des colonnes de pierres naturelles semblant s'élever sur plusieurs centaines de pieds.


Nous nous sentions observés et Viktor ne tarda pas à apercevoir des oiseaux aux allures décharnées qui nous observaient depuis de hauts promontoires. Des traces de carnages et des restes de corps humains nous confortèrent dans l'idée que nous étions au bon endroit lorsqu'une musique se mit à flotter dans les airs. Vraisemblablement un air de flûte paraissant exciter les volatiles qui s'envolèrent en nuée. C'est alors que sur nous s'abattît la plus ignominieuse pluie que je n'eusse jamais eu à affronter; un mélange de chairs putréfiées, d'indiscernables bouts de membres humains et de déjections de ces animaux de l'enfer qui ne provoquèrent que peu de dégâts physiques mais qui eurent un effet psychologique certain. La plupart de mes compagnons est moi-même restâmes prostrés  de terreur et ce n'est qu'après de gros efforts que nous retrouvâmes nos esprit. La première chose qui passa dans le mien fut des plus logique puisque je déchargeai mon tromblon dans ces irritants volatiles. Le résultat ne se fit pas attendre puisque les cadavres commencèrent à choir des airs mais une rapide estimation de Viktor retint mon cri de joie car je n'avais abattu qu'une fraction de la nuée. De plus, les créatures démoniaques revinrent à la charge, ayant changé de projectiles, pour nous arroser de roche. Nous nous refugiâmes sous un petit surplomb et Viktor maugréa ce qu'il savait si bien maugréer. Une quinzaine d'oiseaux, qui passaient dans l'ombre d'un pilier de roche, commencèrent à crépiter en l'air et tombèrent les uns après les autres, s'écrasant au sol en laissant derrière eux un filet de fumée noire. J'en profitai pour lâcher un second tir et nous vîmes enfin leur nombre décroître. Esteban de son côté sautait de rochers en rochers, balayant l'air de son bec de corbin, et réussit à en tuer quelque uns tandis qu'Abadoubamba fit mouche au quatrième tir de sarbacane et en abattît un en plein vol.


Entre-temps nous nous étions tous réfugiés dans des anfractuosités de la roche et m'y sentant bien installé, je constatai en me retournant que c'était plus qu'un trou dans la roche mais bien une caverne tout entière, de surcroît aménagée de coussins, tentures et flambeaux, dans laquelle je m'étais réfugié. Ebahi par la beauté du lieu, je ne pu résister à m'affaler dans les coussins de soie et appelai mes compagnons. Petit à petit chacun arriva sauf Esteban que nous vîmes  bientôt gracieusement atterrir devant l'entrée de la grotte au milieu d'une pluie de corps d'oiseaux découpés. Il expliquera plus tard à Abadoubamba, le seul qui se force encore à s'intéresser aux passes d'armes d'Esteban, l'appelant son "petit maître", qu'il effectua selon ses dire un superbe "Carpé-serré-appuyé-arrière". Finalement tous rassemblés, nous décidâmes d'explorer ce curieux lieu et avançâmes à travers les cavernes et les salles, toutes richement décorées. Cependant, plusieurs fois j'eu l'impression d'avoir déjà traversé une salle ou une autre et certaines étaient parées presque pareillement. Nous arrivâmes finalement dans une salle encore plus majestueuse que les autres, au centre de laquelle se trouvait un trône. Dans le trône, un vieil arabe qui, nous voyant entré, s'offusqua que nous n'ayons pas été annoncés. De toute évidence contrarié par notre présence, il nous cria que nous violions sa propriété. Viktor s'en excusa et je vis Rachid serré le poing sur un des deux sabres qu'il portait à la ceinture. Le vieil homme parut se contenter des excuses et nous invita à prendre le thé et à manger avec lui. Nous constatâmes rapidement que le pauvre être, un peu perdu, s'adressait aux cadavres gisant ça et là comme à ses serviteurs, nous priant de nous servir dans des plats contenant des aliments décrépis, desséchés ou moisis. J'eu une grande pitié pour cette âme visiblement torturée, vivant dans les illusions d'un royaume inexistant et je priai Ursun pour que cet homme retrouve un jour le chemin de la raison. Cet à ce moment que je vis Viktor, pourtant assis à ma droite, planter une dague dans le dos du vieillard qui ne lui laissa aucune chance.
J'ai l'impression que l'âme de Viktor est de plus en plus noire, il nous cache de plus en plus de choses y compris les rituels de chair affreux qu'il oblige Lakshmi a effectuer dans sa cabine, pauvre enfant. Le décor s'était modifié, la caverne s'était diminuée et les richesses qui la paraient, bien que toujours présentes, avaient l'air bien moins nombreuses. Je vis alors dépasser de la besace du vieil homme, une magnifique petite flûte. Je m'en saisis immédiatement et j'essayai d'en jouer, ce qu'à mon grand étonnement, je réussi parfaitement. Mais Viktor, colérique et jaloux, me l'arracha des lèvres en maugréant et se mit à tracer moult traits aux sols, allumer des bougies et alterner les cris et les chuchotement dans des langues étranges. Finalement, il cassa l'instrument à l'aide du marteau de Marten. Les magiciens sont vraiment des gens étranges et instables.


Remis de nos émotions et la nuit commençant à tomber, nous décidâmes de passer la nuit dans cette grotte, même si toute menace semblait avoir disparue à l'extérieur. Pendant que Viktor, l'âme visiblement tourmentée, s'acharnait à arracher les vêtements du cadavre du vieux en en extirpant des vieux bouts de papiers, Rachid nous proposa de le rejoindre comme mercenaires, ce que nous refusâmes tant les quêtes ne cessaient de s'accumuler sur nos épaules. Nous repartîmes le lendemain, Abadoubamba fumant son nouveau narghilé de voyage, trouvé dans la caverne et Esteban feuilletant ses traductions en arabe de pièces de théâtre tiléenes, moi-même caressant de contentement les multiples tapis et tentures emportées sur nos chameaux et arrivâmes bientôt au pied d'une paroi rocheuse. La montée fût particulièrement pénible, obligés de tirer les chameaux sur de minuscules sentiers taillés dans la roche, mais nous parvinrent finalement au sommet. Devant nous s'étalaient encore des dunes à perte de vue et Rachid nous encouragea à continuer de nuit afin de profiter de la fraîcheur. Ce dernier s'étant révélé un guide précieux nous décidâmes de suivre son conseil et parvinrent au petit matin à une oasis composée de plusieurs bâtisses aux toits arrondis.


Lorsque nous entrâmes dans le village, nous fûmes directement surpris par une procession de personnes, toutes de blanc vêtues, qui suivaient deux cercueils. Des cris éclatèrent alors, un jeune homme s'énervant contre un des ses aînés. Abadoubamba, qui semblait affecté par cette dispute, intervint juste à temps pour empêcher l'homme de poignarder son père, lui reprochant d'être à l'origine des cadavres de ses frères. Etonnés par tant de rage mais contraints par la fatigue, nous cherchâmes refuge chez l'habitant et finîmes par trouver un jardin ombragé qu'une dame nous mis volontiers à disposition. Après n'avoir dormi que trop peu, nous fûmes réveillés par des cris de femmes, Viktor alla calmer ces folles qui en étaient venues aux mains et dont l'objet de la dispute n'était autre que notre présence, non qu'elle fût inopportune mais bien au contraire, parce que sa voisine avait décidé que son jardin était plus apte à nous accueillir. Après encore quelques petites heures de sommeil, nous nous réveillâmes sur une musique de cithare. Sentant bien que les pulsions de Viktor contre les musiciens s'étaient également réveillées, nous cherchâmes la source de cette mélodie et nous ne pûmes que constater que la première occupation dans ce village semblait être la dispute. Arrivés sur la place du village, nous y vîmes trois joueurs de cithare, faisant danser tout le village qui, à y regardait de plus près, semblait prêt à tomber de fatigue. Cependant, lorsque les gens ne dansaient, ni ne riaient, il se disputaient pour une raison ou une autre. Voyant Viktor qui avait déjà repéré sa prochaine victime parmi les trois musiciens, je préférai tenter d'éviter le bain de sang et, ayant fini par comprendre que les instruments avait un rapport avec la mauvaise magie, j'arrachai la cithare des mains de celui qui avait été désigné par Viktor et la fracassai sur le sol. A ce moment, le village sembla s'éteindre d'un claquement de doigt, chaque personne s'effondra au sol et de multiples ronflements s'élevèrent bientôt dans les airs. Le cithariste ayant perdu son instrument se répandit en pleurs. Nous pûmes alors enfin assembler quelques pièces du puzzle, en effet ce musicien faisait parti d'un groupe composé d'un flûtiste, d'un joueur de tambour et de lui-même lorsqu'un jour il se firent prendre dans une tempête de sable. Depuis, tout était très flou dans sa mémoire. Nous obtînmes encore de sa maîtresse qu'il maudissait souvent un certain "Zaroudina" pendant ses courtes nuits de terreur.


Enfin, nous retrouvâmes dans les étables les caravanes de bois. Cependant Viktor, de tout évidence assoiffé de sang, semblait pencher pour la traque de l'auteur de ses enchantements et du dernier pion encore actif.


Raspoutine Harkovsyn 
_________________
Le lapin-garou vaincra


Revenir en haut
Friederich Marten
Rôliste encravaté

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2014
Messages: 8
Masculin 龍 Dragon
Point(s): 21
Moyenne de points: 2,63

MessagePosté le: Mer 30 Avr - 20:13 (2014)    Sujet du message: Ecrit du marteau de Marten Répondre en citant

2522, 14 mars, 7h14, proche des frontières Nehekaréenne,

Le soleil vient a peine de se réveiller et il fait déjà très chaud quand nous nous arrêtons de marcher pour nous reposer. Extenué par cette nuit de galère dans la froideur du désert je suis bercé par mes pensées. L’enquête au sujet des trois musiciens enchantés prend du relief dans ma cervelle brûlée par les premiers rayons de l’astre du jour. Je ne connais toujours presque rien de mon passé mais je sais que l’avenir, lui, va nous tomber dessus avec la rapidité et la force de mon marteau. Au loin un orage semble avoir éclaté et le Waddi qui ruissellent à quelque pas de nous, grossis à vue d’œil.

Rachid El Morisco, notre guide, me parait aguerri et cultivé, il aurait ses contacts avec certains grands pirates et je commence presque à avoir confiance en lui. Ses conseils nous ont mené à Zarudina depuis l’oasis pygmaline en suivant le chemin des caravanes. Il ne fait pas bon vivre dans l’obscurité glaciale de ce désert et l’horizon n’existe pas au plus profond de ce maudit océan de sable. Fernand, mon fidèle compagnon à quatre pattes chasse toutes sortes d’immondices en gambadant dans la joie et l’allégresse, il est sans doute celui qui apprécie le plus ce calvaire après Aba Dou et Rachid bien entendu. Nos deux amis à la peau sombre s’en tire à merveille au contraire du reste de notre équipe; Deux-Bottes, Raspoutine, Esteban et Œil-de-Lune qui souffrent de notre périple. Etrangement Viktor semble, lui, bien supporter pour sa part sous son poncho.

A mi-chemin de notre voyage, nous rencontrons une jeune enfant loup que nous suivons jusqu’à son grand-père sur les conseils de Viktor et, un peu sans y prêter attention, nous arrivons à Zarudina. Je ne me suis pas senti chez moi dans cette ville bizarroïde au milieu de l’infini néant. En plus, l’obscur Viktor nous a joué un tour en s’éprenant d’un djinn et se mettant à le séduire dans une langue maléfique dont je n’ai pas saisis le moindre mot. Finalement il revint à lui et nous appris l’existence du mausolée du prince Yamani où se trouverait l’enchanteur des trois musiciens ainsi que le tambour, le dernier musicien que nous devons encore interroger. Pourquoi ne nous l’avait-il pas dit plus tôt ? Seul Morr le sait.

2522, 22 mars, 3h18, oasis pygmaline,

Enfin de retour vers l’étang des sauvages, de retour vers le moins pire que l’on puisse trouver dans ces régions arides ; l’oasis pygmaline. L’enquête a été menée a bien. A cet minute je me prend une grosse lampée d’absinthe sèche puis remplit la corne à boire de Raspoutine le vaillant, qui engloutit son contenu en un instant. Le jeune Esteban me demande également une goutte du breuvage de Morr, dans un premier temps je refuse, mais le garçonnet irritant est perspicace, et efficace. Je cède finalement et lui remplit à contre coeur son calice en cuivre. Je tente aussi d’en ajouter discrètement dans le thé de Viktor qui recrache de dégoût à la première gorgée, même si je connais rien de cet homme, il me fait rire.

Car ces moments presque festifs ne vont pas libérer complètement nos consciences de ce que nous avions vécu il y a de ça sept ou huit lunes.

Après une journée de repos, entre sommeil et coma, nous avions reprit la route et etions arrivés au pieds d’une falaise. Nous avions laissé les chameaux paîtrent du sable sous l’œil avisé et attentif de Deux-Bottes notre cher ami le nain. La tempête faisait rage et le froid glacial comprimait nos squelettes de l’intérieur. Nous avions décidé de gravir la falaise, assurés par une corde attachée au sommet par les soins de Viktor. Seul Aba Dou eut quelques difficultés à l’escalade mais nous arrivâmes sauf au sommet de la paroi rocheuse, une courte plaine dévorée par l’ombre de pics acérés. Au centre de ce bassin, un mausolée de vingt mètres carrés surplombé d’une coupole hypnotisait nos regards. A l’intérieur, deux statues, un homme au visage mi triste, mi heureux et une femme mi belle, mi laide. Entre ces deux statues se trouvait un miroir éclairé par un faisceau de lumière provenant d’une ouverture exactement au dessus dans le dôme, l’objet me demandais avec insistance de l’approcher puis de le saisir et je lui obéis… Je me réveillais ensuite subitement sous l’étouffement que Viktor me faisait subir en m’agrippant à la gorge. Raspoutine m’envoyait ensuite une grosse claque qui mettait définitivement fin à ma perte ponctuelle de conscience. Un de mes carreaux était planté dans l’armure du kislévite et je réalisais à ce moment que j’avais été possédé par le miroir, ou par Viktor. Je vis Rachid mettant le miroir dans sa poche. Viktor, lui, commençait à ne plus se sentir bien et son état allait rapidement de mal en pis, personne ne connaissait la source de sa souffrance, mais sa tendance a jouer les martyrs me faisait penser qu’il simulait pour attirer la compassion.

Réunis devant le mausolée nous entendions tous un battement puissant, lent et lourd, ça ne faisait plus aucun doute, nous étions proche du tambour que nous cherchions. Le son provenait du sommet des pics, nous étions forcés de continuer notre ascension sous la pluie battante et le gris sombre monochrome des nuages pour accomplir notre mission. Nous gravissions un chemin de fortune sur les côtes rocheuse d’un lac au bout de la vallée. Nous nous approchions de plus en plus de notre but lorsque nous vîmes au loin, une espèce d’homme arbre autiste tapant un rythme minimaliste et monotone sur son tambour crasseux. Arrivé à sa hauteur nous remarquons qu’il semble a avoir été là, assis depuis des années à frapper son engin de percussion sans discontinuer. Un peu en dessus, une statue de chien géant et une silhouette en lévitation fortement excitée nous observant. Viktor s’adressa à la créature flottante, qui s’avérait être un djinn, pour lui demander de faire cesser le tambour, mais le timbre de jeune prétentieux qu’il utilisa mis l’aberration hors d’elle. L’hystérique volant se met à proférer des incantations. Les maudites paroles clamées commençaient à réveiller la statue de chien dans une tornade de sable et de cailloux. A ce moment même Aba Dou propulsait une flèche de sa sarbacane qui s’abattit dans le cou du djinn, ce dernier ne broncha pas. Un éclair déchirant le noir intense de la tempête me frappa et je vis à mes côtés, Esteban et Aba Dou, projetés dans le même mouvement quelques mètres plus loin sous l’effet de la foudre. La colère qui me guidait s’attisa pour arriver à son apogée à ce moment là et je frappais d’un coup surpuissant de marteau la poitrine de la pauvre statue animée de chien. La forme de pierre morcelée et titubante se voyait ensuite charger par Raspoutine l’exalté qui faisait ainsi chuter le monstre de pierre dans le vide. Je vis Viktor lancer un javelot qu’il sortait de je ne sais où à l’attention du djinn. Le jet précis atteint sa cible qui se fit comme absorbés dans la pierre. Esteban de son côté pris le tambour du musicien arbre pour le lui écraser sur la tête. Il poussa ensuite l’homme coincé dans son instrument pour le laisser dévaler le long de la pente. Le son de son cri s’éloignant résonna en écho pendant près d’une minute.

Nous avions résolu notre enquête. Maintenant il fallait que nous retrouvions notre base avancée de l’oasis pygmalite. Heureusement le voyage de sept lune et huit soleil se déroula sans escarmouche ni surprise et nous arrivâmes tous en un seul morceau a bon port.


Friederich Marten


Revenir en haut
Esteban
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 15
Masculin
Point(s): 22
Moyenne de points: 1,47

MessagePosté le: Mer 14 Mai - 22:36 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

La visite incongrue d'une cale pleine dans un repère de corsaires


Bien que quelques tensions aient marqué les premières heures de notre voyage, Marten cherchant à nous convaincre que son cher Fernand possédait l'incroyable talent de flairer les raccourcis et qu'ils pouvaient nous éviter ainsi plusieurs jours de trajet, notre retour jusqu'à Aboussindra s'effectua pratiquement sans encombre. Étonnamment le félin indiquait toujours la direction opposée à celle de notre guide, si bien que nous n'accordâmes aucun crédit aux fabulations de son maître. Sous la pression des regards impatients de la compagnie conjugués à la menace proférée par Abadou selon laquelle le fidèle compagnon serait servi au menu du soir, le vieil homme céda. Il fallut néanmoins supporter dix bonnes minutes d'un grommellement ininterrompu, auquel Deux Bottes se mêla avec un enthousiasme que nous n'aurions pu soupçonner chez ce petit être trapu, avant de pouvoir véritablement lever le camp. Ces quelques jours à dos de chameaux nous permirent de dialoguer allégrement avec Rachid El Maurisco. Nous convînmes avec lui que nous nous servirions mutuellement de compagnon de route lors de notre retour en mer jusqu'au Vieux Continent.


Arrivés en ville, nous décidâmes avant tout de passer au navire pour se rafraîchir quelque peu avant de rencontrer le Mufti. En notre absence, la Méfiance fut déplacée de quelques dizaines de mètres. Nous trouvâmes ces mouvements décidément inacceptables et nos remontrances, qui s'élevèrent d'une même voix virulentes, ne trouvèrent que de piètres excuses en retour. Malgré ces quelques soucis, l'ambiance sur le navire était plutôt gai et nous oubliâmes rapidement cette controverse, notre équipage fêtant comme il se devait notre retour. Après les quelques calices de rhum d'usage, nous retournâmes au palais du Mufti dont l'énumération complète du nom dépassait de loin nos capacités mentales. Chacun prit la peine de s'habiller convenablement. Deux bottes semblait très réticent à l'idée de se raser. Cela me conforta dans l'idée que ces nains possédaient vraiment des coutumes étonnantes...


Nous nous rapprochâmes enfin du palais. Malgré le fait que nous nous fûmes déjà rendus en ces lieux, leur splendeur restait aussi indescriptible qu'à la suite de notre première visite. Il n'y avait toujours pas de fenêtre. Nous ne comprenions pas comment le Mufti pouvait souffrir d'un tel inconfort et s'accoutumer à des conditions de vie aussi ténébreuses. Les colorations des différentes tapisseries qui ornaient l'édifice rendaient toutefois une impression plus conviviale à l'ensemble. Une fois entrés dans la salle principale, nous aperçûmes un homme d'une trentaine d'années siégeant fièrement sur le trône. Nous fûmes heureux de connaître enfin le Mufti et de pouvoir lui tenir quelques mots en personne. Il nous reçut d'une façon fort agréable et s'empressa de nous offrir toute une série de cadeaux pour récompenser nos exploits. Abadou reçut une corde qui, malgré qu'elle nous parut fort bien tressée, semblait ordinaire. Bien que les sauvages fussent des individus habituellement démunies, qu'un rien ne satisfaisait, nous trouvâmes le présent quelque peu banal par rapport à ce qui allait suivre. Pour notre part, nous reçûmes une splendide paire de pistolet dont les crosses étaient magnifiquement sculptées de femmes aux poitrines voluptueuses. Viktor reçut un manuscrit en arabéen, Raspoutine un imposant fusil de précision et Deux Bottes une boîte de cigares. Quant à Marten, il se vit offrir une amulette dont l'utilité nous parut douteuse ; sans doute un grigri local.


La fête fut magnifique. Nous étions tous entourés de femmes splendides et plantureuses. Les coutumes du pays nous ravissaient encore davantage ! Ces dames s'approchaient peu à peu de nous et, comme à leur habitude, elles tournaient ostensiblement toutes... autour de nous. Viktor ne semblait pas particulièrement sensible à leurs charmes. Son attitude confirmait bien nos doutes sur ses penchants sexuels. Nous pensâmes ironiquement au bûcher qui serait élevé en Estalie pour punir une personne cumulant les délits de magie, de pédérastie et de bestialité... Durant la soirée, nous eûmes la surprise de constater une particularité propre aux cigares que Deux Bottes avait reçus. Lorsque ce maladroit trébucha dans le bassin, sa chute fut porteuse de bonnes nouvelles puisqu'il semblait parvenir à respirer dans l'eau grâce aux récompenses gracieusement offertes par le Mufti. À un doux air de violon, entonné par Viktor, la corde d'Abadou se raidit et nous apprîmes enfin son fameux pouvoir qui exalta toute la foule.


Pour une fois, les filles nous laissaient plutôt de marbre. Le réveil difficile qui avait suivi la dernière soirée passée avec un aussi grand nombre de sublimes beautés locales nous revenait amèrement en mémoire. Nous discutâmes avec Viktor pour passer le temps. Les autres semblaient complètement sous le charme, mis à part Deux Bottes qui restait dans son coin à fumer son cigare et boire ses jus aux couleurs douteuses. Nous nous réveillâmes au petit matin et, comme à notre habitude, nous partîmes gaiement faire notre course matinale. Le palais était calme. Nous le quittâmes allégrement bien qu'il nous laissa une impression étrange et que nous préférâmes ne pas nous y attarder.


Nous décidâmes de visiter brièvement la seconde partie de la ville avant notre départ. L'autre palais se dressait fièrement sur une colline, dont la hauteur égalait au millimètre près celle d'en face. Ses tours se perdaient dans les quelques nuages qui perturbaient l'immensité azur. Nous fûmes surpris par l'omniprésence des duellistes qui s'entraînaient sans relâche, toujours attachés par deux, sur différentes places du quartier. Nous retînmes quelques mouvements dont nous fûmes les curieux spectateurs. Leurs techniques, peu semblables aux gestuelles estaliennes, nous fascinaient par leur caractère offensif. Ils employaient des armes bien singulières dont Sigmund nous indiqua le nom : des khopesh. Nous fîmes immédiatement l'acquisition d'un spécimen sur le marché.


Raspoutine eut la bonne idée de profiter de nos derniers instants à Aboussindra pour acheter quelques épices. Deux Bottes nous surprit quelque peu lorsqu'il nous avoua qu'il n'avait pas assez d'argent. Nous avions entendu que les nains étaient plutôt un peuple riche, même si la mine de notre ami tendait à indiquer le contraire. Pour finir, nous achetâmes pour chacun 20 couronnes d'épices. Le stock fut considérable. Nous prîmes également 40 boucliers, de quoi percer l'ensemble des infidèles du continent de flèches, et un magnifique masque mortuaire en or massif.


Il nous fallut en tout une bonne semaine pour mener nos petites affaires en ville et réparer la Méfiance. Notre navire retrouvait enfin ses formes majestueuses et nous nous réjouissions de repartir à son bord pour traverser les mers jusqu'à notre douce patrie. Deux Bottes prenait connaissance de ses nouveaux quartiers. Puis, lors d'une belle matinée, nous nous éloignâmes, portés par une douce brise, de cette étonnante cité, Maurisco nous collant à la poupe.


À bord, il devint rapidement question de régler les problèmes au sein de l'équipage. Selon les informations que Viktor était parvenu à rassembler, Lona semblait sous le feu des pires critiques depuis les dispositions impopulaires qu'elle avait prises en notre absence. Nous décidâmes, pour calmer les remontrances, d'organiser une petite fête et de rappeler aux membres de l'équipage la renommée que la Méfiance avait acquise et dont le Mufti nous avait soi-disant fait l'écho. Nous souhaitions également annoncer le soutien de notre nouvel ami, Rachid, pour la traversée périlleuse des îles sorcières. Notre petite discussion fut rapidement interrompue par un grain qui s'annonçait si bien que nous préférâmes apprêter le navire à affronter cette tempête.


Rachid nous avait prévenu, avant notre départ d'Aboussindra, de prendre bien garde au pavillon que nous affichions. Il était préférable, selon lui, de lever pavillon noir pour éviter les corsaires, chose que nous fîmes avec attention. La tempête allait sans doute nous éloigner d'El Maurisco mais nous avions convenu d'un lieu de rendez-vous, aux abords du port de Maggiore. Le tonnerre commençait à gronder tout autour de nous. Pris dans la tempête, nous perdîmes rapidement de vue l'embarcation de Rachid jusqu'à ce que, entre deux éclairs et juste après le pénible passage d'un creux, nous vîmes brièvement notre compagnon de route en proie aux attaques d'une galère arabe. Sur notre pont, la situation devenait critique. Malgré une manœuvre favorable, une terrible vague emporta Rodrigo, un des marins les plus hardis de l'équipage. Manaân l'attirait à jamais dans les abysses et seul ce dieu aux intentions capricieuses savait ce qui l'attendait.


Les premières silhouettes des récifs des îles sorcières apparaissaient de façon menaçante à l'horizon, nous annonçant du moins l'heureuse nouvelle que nous n'avions pas perdu notre cap. En un temps qui ne nous permit même pas de reprendre nos esprits, nous fûmes projeter en dehors du tumulte où un calme surprenant nous accueillit. Le lendemain, Viktor parvint à nous localiser et nous partîmes pour Maggiore, le lieu de rendez-vous fixé avec El Maurisco, situé à une vingtaine de lieux de notre position actuelle.


Durant ces quelques heures de trajet, nous décidâmes de réunir le conseil pour présenter les dispositions dont nous avions débattues avec Viktor la veille. Le quartier maître confirma rapidement les tensions au sein de l'équipage. Notre sombre compagnon commença son discours avec éloquence, présentant habilement les différentes stratégies à appliquer. Lona semblait quelque peu réticente à abandonner, du moins aux yeux de l'équipage, son rôle de capitaine. Après lui avoir assuré notre entier dévouement, elle accepta de se retirer davantage jusqu'à ce que la situation soit rétablie. Elle demanda également à Raspoutine de surveiller un tant soit peu nos faits et gestes. Bien que nous n'étions pas véritablement consacrés comme tel, nous avions l'honneur d'occuper brièvement le rôle de capitaine du navire ; cette illustre fonction à laquelle nous rêvions déjà durant notre tendre jeunesse. Nous nous voyions sillonner les océans jusqu'en Lustrie et revenir les cales remplies des précieuses richesses dont ces terres regorgent... Ces songes d'enfants paraissaient néanmoins déplacés au moment où nous nous préparions à affronter la traversée des îles sorcières.


Le port de Maggiore se profilant peu à peu à l'horizon, nous nous rappelâmes que les gens n'étaient pas très commodes dans la région. Ce n'était qu'à contrecœur que nous repassions en ces lieux. Le port semblait toutefois modifié et nous aperçûmes rapidement trois navires ne battant aucun pavillon particulier. Deux navires semblaient plutôt de style estalien et le troisième tiléen. Viktor eut la bonne idée d'envoyer sa chouette en reconnaissance. Il y avait beaucoup de monde et l'étonnant brouillard qui avait marqué notre première visite semblait avoir complètement disparu. La population du lieu paraissait très diversifiée et le petit port était devenu, en l'espace de quelques mois, une petite agglomération. Nous décidâmes de nous approcher malgré tout pour jeter l'ancre en attendant le retour d'El Maurisco et entamer la fête que nous nous étions promise.


Nous nous amarrâmes directement à l'un des pontons du port. Les indigènes semblaient plutôt accueillants, il s'agissait pour la majorité d'anciens esclaves. Des rumeurs courraient quant à la présence d'une prostituée elfe en ville. Nous nous imaginions déjà passer du bon temps en sa compagnie. Nous déchargeâmes rapidement une partie de l'équipage ainsi que Raspoutine, Marten, Viktor et Deux Bottes. La fête battit son plein durant la soirée, aussi bien sur le navire que sur l'île, dans la taverne. Tout le monde se retrouva sur le navire au petit matin, certains plus frais que d'autres... Viktor était parvenu à surprendre quelques conversations intéressantes durant la soirée. Deux hommes, Vicente Vargas et Julio de los Cabros, parlaient notamment de l'attaque d'un convoi de navires magrittains durant les jours suivants. Vicente et Julio étaient vraisemblablement deux capitaines de deux des trois navires qui étaient amarrés dans la baie. L'arrivée de la Méfiance n'était, comme nous nous en doutions, pas perçue d'un très bon œil par les nombreux pirates qui s'étaient établis à Maggiore. Le nom de Joaquím Embustero fut également surpris par Viktor. Le chemin de l'être le plus méprisable que nous connaissions allait peut-être enfin croiser le nôtre. Lorsque Viktor articula son nom, nous ne pûmes retenir un frémissement mêlé de surprise et d'impatience. Notre cœur se mit à palpiter rapidement et cet entrain se manifesta jusque dans notre lame qu'une vibration imperceptible anima soudain, comme si le métal prenait lui aussi goût à la vengeance... Les sentiments qui nous taraudaient devaient toutefois rester imperceptibles ; du moins jusqu'au moment propice où la rancune qui bouillonnait dans nos artères s'exprimerait enfin par le sang.


Durant la matinée, Raspoutine se chargea de recruter quelques marins d'autant que certains hommes de notre équipage ne s'étaient pas présentés à l'appel du matin. Nous préférâmes rester sur nos gardes et redoubler de vigilance durant notre seconde sortie. Il y avait deux auberges, il Cane Blue et la seconde, à laquelle nous nous rendîmes, se nommait l'Impicato. En arrivant sur place, un homme ostensiblement important nous fit signe en nous proposant de nous approcher. Il s'agissait de Loupodzenia, le chien du Dragon, qui nous renseigna quelque peu sur la gestion actuelle de l'île. Il évoqua le nom de Tenario el Grande dont nous apprîmes qu'il était récemment parti pour la Lustrie. Ivan Latour, dit le Boucher, dirigeait Maggiore en son absence. Loupodzenia était clairement affilié à El Dragon, un corsaire ayant siégé sur le trône des pirates quelques années auparavant. Nous apprîmes également le nom de son successeur actuel, Abrahim. L'activité corsaire semblait s'être renforcée dans la zone des îles sorcières depuis notre dernier passage ; les dires de Rachid tendant ainsi à se confirmer.


Au petit matin, quatre marins avaient à nouveau disparus... Si nous avions appris quelques informations durant la soirée, ce fut au détriment de la protection de notre équipage ; attitude que nous regrettâmes aussitôt. Le dénouement de ces mystères, qui devenaient clairement une menace pour notre expédition, devint la priorité des prochains jours. El Maurisco n'était toujours pas revenu. Même si ses chances de survie diminuaient d'heure en heure, nous avions encore bon espoir de le voir arriver durant la journée. Vu l'environnement hostile qui semblait nous entourer et les dangers qui nous menaçaient, nous étions convaincus que sa compagnie resterait d'un grand secours jusqu'à notre arrivée à Magritta.


Revenir en haut
Deux-bottes
Pinailleur Rôliste

Hors ligne

Inscrit le: 15 Mai 2014
Messages: 1
Masculin
Point(s): 1
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Jeu 22 Mai - 20:02 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Work in progress

Revenir en haut
L'étranger
Responsable Binettes

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 21
Localisation: Empire
Masculin
Point(s): 23
Moyenne de points: 1,10

MessagePosté le: Jeu 29 Mai - 18:56 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

La nuit est calme, seul le bruit des rames de notre chaloupe, repoussant l’eau obscure des Îles sorcières troublent le silence de notre arrivée sur les rives du château de La Tour. Je plonge mes yeux dans le ciel, l’aube est proche. J’enjambe l’embarcation et fait signe à mes compagnons de patienter le temps pour moi d’observer les alentours. Dissimulé dans l’ombre, je me faufile comme une brise matinale dans cet environnement de gravats et d’arbres usés par le sel. Caché en bordure de la grotte nous permettant d’accéder au château pour les souterrains, je risque un hâtif regard pour déceler les forces en présence. Personne. Comme une seul personne mes pensées parcours celle d’Œil-de-Lune qui prend son envol et se pose sur la proue de la chaloupe dans laquelle mes compagnons patientent. Elle décroche à l’aide de son bec, un des rubans colorés fixer à sa patte droite. Le ruban vert qu’Œil-de-Lune remet à Esteban permet à mes acolytes, parmi les moins sots, d’interpréter que le ruban codifié désigne le feu vert pour me rejoindre. Même à plus cents pas, je les entends se déplacer péniblement de leur lourdeur le long du rivage menant à ma position. Peu avant qu’ils ne réussissent à atteindre position, des bruits de pas provenant de l’obscurité de la grotte parviennent à mon oreille affûtée. J’ouvre les pores de ma peau, je sens le vent d’Ulgu caresser mon enveloppe corporelle, mes yeux tournent au gris, je peux voir le vent de magie stagnant au sol, se déplaçant lentement mais irrésistiblement. D’un effort mental que seuls les manipulateurs de vent de magie peuvent comprendre, je parvins à en capturer une bribe, me permettant ainsi de modifier sa structure pour en faire une main non-tangible, brumeuse et obscure mais dont la magie permet de lui octroyer une force bien réel et incommensurable. Fondant l’opacité de la grotte, la main d’Ulgu fini sa course sur sa victime écrasant de sa poigne le cou maigrelet du malheureux. La lanterne que l’homme tenait dans sa main tombe au sol sous l’effet de surprise, éclairant son visage suffocant. Ce n’est qu’un jeune pêcheur. Je laisse échapper le fragment de vent magique de mon esprit, dispersant l’enchantement, je profite de la stupeur du moment pour me précipiter sur le jeune homme et avant qu’il ne puisse dire mot, j’abat ma main gantelée sur sa bouche et le traîne à l’extérieur de la grotte. L’enfant est apeuré, il se débat. Il m’est difficile de le maîtriser plus longtemps. Marten ayant compris l’urgence de la situation approche son visage couvert de cicatrices et de brûlures purulentes des yeux du pauvre pêcheur et lui lance un terrible grognement raisonnent en moi comme un appel de Morr. Le jeune homme perd connaissance. Nous décidons de l’attacher à un arbre et de le bâillonner le temps pour lui de reprendre ses esprits. 

 
Nous avançons dans les méandres des souterrains du château, l’air y est humide et imprégné d’une insanité peu perceptible mais omniprésente. Avant que je ne puisse finir le fil de ma pensée, nous nous retrouvons face à un nouveau charnier, les corps de toutes origines gisent entassé les uns sur les autres. Parmi eux, l’un de nos marins, une rapide investigation de son corps me permet de repérer des signes évidents de tortures. Des traces de sang et d’excréments indiquent que les corps ont été tirés, nous décidons de les suivre.  La tension se fait palpable, je décerne chez Deux-Bottes une envie de sang, il rumine après chaque couloirs que nous traversons sans rencontrer d’ennemi. J’espère que son instinct de bête féroce ne portera pas préjudice à la mission que nous nous sommes fixée. Après quelques minutes à arpenter les différents tronçons des souterrains, nous arrivons à un embranchement, trois couloirs menant chacun d’eux à une des tours du château et un escalier conduisant manifestement à l’étage supérieur. Comme nous ne savons pas combien d’habitants occupent la bâtisse, mes compagnons retournent sur leurs pas pour se renseigner auprès du jeune pêcheur et pour ma part, je vais mettre à profit ma discrétion pour accéder à l’étage supérieur. Après un instant à manipuler le vent d’Ulgu, mon être tout entier s’enveloppe dans la magie ne laissant de moi que mon ombre. J’emprunte les escaliers, des gémissements provenant d’un ancien cellier me laisse à penser que le rôle initial de la pièce a été détourné. J’observe l’étage qui s’ouvre à moi. La structure en forme Y formés de solide mur donne naissance à plusieurs pièces toute fermés par différentes portes à épaisseur variée. Mon instinct me pousse à  ouvrir l’une d’elle en particulier. A l’intérieur, un garde d’une stature imposante a choisi de mourir dans son sommeil, n’écoutant que son souhait, telle en libérateur, je dégaine mon poignard et lui tranche les cordes vocales et les jugulaires. Avant qu’il ne tourne de l’œil, je lui susurre à l’oreille : Rien n’est vrai, tout est permis 

 
J’informe mes compagnons que la voie est désormais libre. A l’aide des clés que j’ai subtilisé au garde, nous décidons de savoir ce qui se cache derrière les autres portes. Notre premier choix concerne la pièce d’où proviennent les cris. A l’intérieur, l’un de nos marins enchaînés, tripes à l’air et deux tortionnaires plaisantant de la situation de malheureux. Deux-Bottes et son envie toute naine de sa battre bondit sur l’un des geôliers, d’un coup de hache le met à terre. Esteban, pour démontrer au nain que lui aussi peut tuer un homme d’un geste, charge le deuxième geôlier mais mélangeant vitesse et précipitation, notre estalien si agile habituellement glisse sur une mare de sang et fini sa course face contre terre. C’est finalement le Sauvage qui finit la travaille en cisaillant la colonne vertébrale du dernier ennemi restant. Raspoutine rassemble les intestins du pauvre marin et lui remet comme il le peut dans sa cavité abdominale et suture de façon grossière la plaie. 

 
Dans l’une des autres pièces nous rencontrons un prisonnier qui m’est étrangement familier, les conditions dans lesquelles il vit depuis quelques semaines la grandement affaiblit et c’est seulement après quelques secondes à le dévisager que je reconnais Ulrac, l’ancien propriétaire du château. Il nous raconte que peu après notre départ, El Gran Luis est venu et a laissé Gastone, un terrible arabe, sur l’île. Après quelques recherches, Gastone a réussi comprendre le mécanisme de défense de l’île et s’en est servi pour s’accaparer la Vive-Nef d’Ulrich qui faisait chemin rentrant en Empire. Puis par un échange de bon procéder, Gastone et Ivan de la Tour se sont associé, ils résident désormais les deux dans le château. D’après Ulrac, El Gran Luis se dirige vers la Listruanie à la recherche d’une cité d’or.  

 
Ulrac et notre marin rejoignent notre chaloupe et nous poursuivons notre exploration. Nous décidons ne nous séparer pour gagner du temps. Deux-Bottes et moi-même nous dirigeons en direction d’une pièce où s’échappe un étrange effluve d’huitre. Le Maître nain prend les devants et ouvre la porte avec vigueur, puis plus rien, lui qui de coutume très bruyant dans tout ce qu’il entreprend reste muet comme une carpe, pas un clignement d’œil, rien que le silence. Je jette un coup d’œil à l’intérieur et y voit une masse visqueuse apparemment vivante se mouvant difficilement dans la pièce trop petite pour elle. Elle se dirige vers nous, je tire le nain par la manche mais il reste de marbre, froid et solide. Sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, la masse englobe Deux-Bottes, je profite que la chose le digère pour prévenir le reste de mes compagnons. Une fois tous réuni, nous constatons que le nain n’est pas mort pire pour lui, il flotte dans le corps transparent de cette chose, conscient, il nous regarde d’un œil vitreux. Raspoutine décharge une volé de plombs et Marten n’écoutant que son courage abat sur la chose, un terrible coup de marteau mais le coup sonne étrangement dur sur cette masse visqueuse. Quant au Sauvage, il lance sa corde magique pour tenter de sortir le nain de ce mauvais pas. Nos tentatives sont infructueuses, je me retourne vers Esteban. Le bretteur lance un regard de défi au nain toujours embourbé puis s’élance à l’assaut de l’immondice, les coups pleuvent, des morceaux de la masse arrosent les murs de la pièce et après un instant Deux-Bottes est enfin libre. Il gonfle ses poumons d’air frais mais ne laissant même le temps à son corps de se remettre l’asphyxie, attaque verbalement Esteban, le traite de minable qu’un nain comme lui n’a pas besoin de l’aide d’un gringalet d’estalien. Et autre sottises que je n’ai pas retenu car je m’afférais à les calmer. Mais c’était trop tard, le violente dispute se fit entendre aux étages supérieurs. Les imbéciles. Il faut faire vite des renforts ne vont pas tarder. Vive d’esprit, j’élabore un plan de bataille. Raspoutine et moi-même feront diversion et lorsque les gardes auront les yeux rivés sur nous, mes compagnons lancerons la charge. Aussitôt expliqué, je mets mon plan à exécution. En manipulant le vent d’Ulgu, je prends l’apparence du garde égorgé plus tôt et prend place, avec Raspoutine au fond du couloir, nous entamons bagarre. Mes compagnons restent à couvert dans la pièce adjacente, prêt tomber sur les renforts. A leur arrivée, les gardes demeurent un abasourdis devant la scène qui se déroule devant eux. Lorsque l’un des gardes s’approche, je libère Raspoutine de mon emprise le laissant ainsi sortir son arme pour fracasser le crâne du premier opposant. Mes acolytes profitent du moment pour fondre sur la dizaine de gardes restant. Une boucherie s’en suit, la fureur de l’instant nous poussent à avoir aucune pitié pour nos assaillants et après quelques minutes, ils ne restent que d’eux, que leur dépouilles mutilés et fumantes. Esteban saigne abondamment de la nuque, il reproche au Sauvage le peu de lucidité à tirer à distance lorsqu’il se bat lui-même en mêlée. Nous n’avons le temps de panser de nos blessures que d’autres gardes apparaissent du haut de l’escalier. Deux-Bottes se précipite au bas des marches tenant à distances les hommes armée. Le bruit assourdissant des lames percutant son bouclier, nous fait réaliser que cela n’est que le début et qu’il nous reste une rude ascension à accomplir. Le combat va s’avérer difficile, nous avons sous-estimé leur nombre mais les cris encourageant de Deux-Bottes, efface mes doutes, la mort attendent ceux qui se dresseront sur mon chemin. 

_________________
Ne faites pas attention à moi, je ne suis que de passage.


Revenir en haut
Friederich Marten
Rôliste encravaté

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2014
Messages: 8
Masculin 龍 Dragon
Point(s): 21
Moyenne de points: 2,63

MessagePosté le: Jeu 29 Mai - 20:14 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

2522, 29 mai, en mer, le long des côte des l'Arabie en direction de la grande mer, aube

Une brume dense enrobe notre vive nef. Quelques rares rayons de l’astre de feu réussissent à transpercer la masse grisâtre, au loin. Ce matin je me sens bien, une aura que je ne reconnais pas me traverse, comme si un halo invisible m'entourait et me séparait de la chair purulente et brûlée des mortels pour me permettre de rejoindre l'absolue pureté de la transcendance totale avec Morr. Des informations ont transité par la canal du divin, un message m'a été remis, un message d'une clarté telle et d'une vérité si vivante qu'elle atteste de sa provenance, la toute puissance. Dans cette communication je me trouvais à Wolfenburg en temps de joyeuse guerre, alors que je me baignais tranquillement, le reflet de la bouille à Fernand ondulant dans les micros vagues de l’eau rouge écarlates de la Wolfen, quand un seigneur corbeau m'apparus. « Sacha, Sacha, rejoins nous à Luchini, tes maîtres t'attendes! ».

Nous sommes actuellement en voyage, encore… A ce moment Viktor et Esteban débattent puérilement de notre destination et du trajet à adopter, cela me laisse indifférent, je sais que les vents nous porterons de gré ou non à Luchini.

Le jour qui précède a vu l'histoire s'écrire. Notre tentative de prise du fortin de la baie de l'île Majore s'est terminée en queue de serpent marin. Orgie dans le sang, maladie viscérale, feu de joie et rapts d'enfants démon. Malgré notre relative défaite, l'esprit des ennemis survivants restera marqué à tout jamais du sceau de notre courage et de notre bravoure. Plus particulièrement de ceux de Deux-Bottes qui devait sans doute être frappé par la grâce d'un de ses dieux de nains. Le barrage qu'il créait à force de coups de hache et de pieds en bas d’un escalier du fortin permit à Raspoutine de mettre le feu au bâtiment. Au même instant, je remarquais un enfant au visage blanchâtre et au regard lugubre qui me tenais en joue de son arme à feu, au vu de l'arrogance du rejeton, je me voyais forcer de lui sauter dessus et de lui écraser l'une de mes grosses bottes sur son visage glauque, ce que je fis. J'aurai peut être du m'abstenir car, après ceci, les habits de l'enfant, gisants au sol, commencèrent une sorte d'auto combustion générée par ce qui ressemblait à un tatouage dans le dos du possédé. Une forme de genre chamanique, noir et orange, le long de sa colonne vertébrale, crachait du feu. Viktor parlait tout seul et étrangement j'avais l'impression que les élucubrations qu'il récitait calmaient le demonoïde. Pour se rendre intéressant Esteban décide d'embarquer le corps carbonisé de l’enfant de feu dans notre fuite, j'ai rarement rencontré un aussi piètre capitaine, j'espère que cela ne durera pas trop et je commençais presque à regretter les ordres insensés Lona. Dans notre fuite sous une pluie de projectile, une balle toucha Viktor mais je parvins à dégommer de mon arbalète le porte-torche adverse ce qui nous permit d’échapper à nos poursuivants dans la nuit.

Extenué par son combat Deux-Bottes souffrait, une bactérie maléfique contrôlait son organisme. Le pauvre nain vomissait ses boyaux et son visage joufflu et écorné changeais de couleurs sans discontinuer. Un de ses jets composés de sang et de restes de nourritures acidifiés atteignant même Viktor au cou, l’homme se mit à régurgiter ses trois derniers repas à son tour. Deux-Bottes tomba, inerte. Fernand nettoya alors son visage sans vie du nain, décoré de vomis pourpre reflet kaki, en le lapant affectueusement. Nous l’avons ensuite apporté, non sans peine, jusqu’au navire pour qu’il puisse être examiné par Sigmund, le psychanalyste nordique qui annonça la mort du nain. La nouvelle créait une onde de choc pour tous les camarades de l’ami trapu de faible taille. Certains pleuraient, d’autres criaient et j’en voyais s’arracher les cheveux. Décision fut prise de jeter son corps à l’eau encadré par son cercueil. Lors de la cérémonie funéraire, alors que Trachius s’apprêtais à fermer la dernière boîte de Deux-Bottes, par un miracle de l’incommensurable Morr, un éternuement qui fit trembler les océans jaillit du fond des tripes du nain, renversa à la bascule le vieux prêtre qui se cogna violemment contre le sol et s’évanouit. En un mouvement le petit homme se trouvait a nouveau sur ses deux bottes. Tous les membres de l’équipage n’en revenaient pas et craquait leurs jambières en écarquillant les yeux. Il lâcha simplement « Quoi ?» et s’en alla réparer un canon défectueux.

2522, 3 Juin, île inconnue, crépuscule.

Nous sommes échoué sur une île qu’aucune personne n’as déjà vue ni n’arrive à situer. Tout l’équipage est affairé, nous réparons la méfiance, sauvons les ressources qui peuvent l’être, explorons mais surtout tentons de survivre. Les manquements d’Esteban auront coûté la méfiance. Son incapacité a naviguer et ses erreurs répétées ont fait sombrer le navire en l’emmenant s’encastrer dans des récifs côtiers. Pour sa décharge je dois avouer que nous ne naviguions pas sur les flots les plus calmes de l’océan, poursuivis par la Creradorada, le trois-ponts rapide d’El Dragon. Nous avions du mettre toutes les voiles débout pour combattre puis nous en échapper dans le brouillard. A présent nous nous retrouvons par une incroyable collusion sur la même surface de terre que notre ennemi maritime qui se trouve sur l’autre côte de l’île. Nous tentons de négocier une alliance certainement salvatrice pour les deux camps.

Nous avions croisé le chemin d’un mystérieux navire. Irréfléchis et fier comme un paon, le capitaine par intérim décidait de l’attaquer. Ce qui s’avérait être une bien mauvaise idée, même si nous avions quasiment réduit à néant l’avant de la coque du vaisseau ennemi, le retour de flammes nous fit perdre plus de la moitié de l’équipage. Aba Dou tomba sous les jets incessants de grenailles. Ce chien de Lupo Zenia, le capitaine ennemi, s’en tirait, mais pas complètement indemne. Je tentais de sauver notre cuisinier nègre en lui renversant mon rhum sur la jambe, sans effet. A part un cri strident puis un étouffement et finalement l’arrêt de sa respiration rien ne se passa. Une prière de Sigmund suffisait en fait pour le faire revivre. Beaucoup de nos marins souffrent le martyr et leurs plaies ouvertes recouvertes de sel n’arrangent rien. Nous vivions le voyage dans la puanteur et le cri de complainte de l’équipage en plus d’une tempête violente, comme à notre habitude. Dans la brume persistante, de maudites sirènes s’étaient aussi mises à chanter durant la matinée, mais l’équipage alerte avait enfilé ses bouchons de cire à oreilles et l’épisode s’était déroulé sans perte pour le navire. Ses prostituées des océans ne me font personnellement pas sourciller.

Bonne soirée, Marten


Revenir en haut
Raspoutine
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2012
Messages: 15
Localisation: Neuch
Point(s): 27
Moyenne de points: 1,80

MessagePosté le: Mar 3 Juin - 21:00 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Poème kislev relatant les aventures du noble dresseur d'ours Raspoutine Harkovsyn , écrit puis traduit du kislev par votre noble serviteur, Raspoutine Harkovsyn.


Echoués sur une plage déserte, notre fier navire a bien souffert
Dans un combat acharné, contre Lupo Zenia, nous croisâmes le fer
Et bien que le vaisseau du pirate, hors d'état de nuire nous mîmes
Beaucoup de nos compagnons furent perdus dans l'abîme.


En plus des lourdes réparations, nécessaires très clairement
Il nous fallut alors pactiser avec notre adversaire maritime
Car si, incontestablement, vainqueur du combat nous sortîmes,
De main d'œuvre, nous manquions, maintenant considérablement


Afin donc d'assurer la survie de chacun, nos forces nous joignîmes,
Ayant dans l'idée de ne plus voir de cette île, qu'au loin la cime
Mais nos rêves de sieste sur la plage, bientôt furent anéantit,
Lorsque du bois où travaillaient nos hommes, un coup de feu retentit.


Avec Foundouk, mon féroce ours répondant au doigt et à l'œil,
Nous ne tardâmes point à rejoindre nos vaillants marins.
Une flèche plantée dans la jambe, tirée d'entre les feuilles,
L'un deux était au sol, maudissant son agresseur avec entrain


L'inconnu, par le coup de feu touché, avait laissé une piste de sang
Mon fidèle compagnon velu, à sa poursuite je voulus envoyé,
Mais taquin et joueur, ce dernier préféra me mordiller
Et reçu d'un subordonné stupide, une balle dans le flanc


Tous rentrés au campement, nous informâmes de la menace,
Prévoyant d'y retourner le lendemain en force et de faire face
Seul un nouveau coup de pistolet rompit le silence de la nuit,
Bien que je fût témoin de ce qui suit;


Alors que je revenais à ma tente, la vessie bien soulagée,
De l'antre du nain, d'où provenait forts ronflements,
Je vis sortir le fanatique Marten, dont l'expression clairement,
Témoignait d'une entreprise à la réussite mitigée.


Au petit matin, nous partîmes en armes à la chasse au rongeur
L'absence d'intelligence de l'animal encouragea nos ardeurs,
Si bien que lorsque nous revînmes,  mes compagnons et moi-même,
Peinant sous le poids de la viande, pensions au ragoût à la crème.


Soudain, au vu du regard inquiet de Marten, nous nous figèrent,
Mais comme ce dernier préféra rester mutin, Deux-Bottes en paya le prix
Deux traits vinrent se ficher dans le nain qui laissa s'échapper un cri
Lui à qui, déjà il y a peu, l'on faillit offrir une sépulture en mer


Notre réplique fut immédiate, enchaînant volées de flèches et de plomb,
Les indigènes tombèrent en si grand nombre que la hache du nain
Furieuse et vengeresse n'en trouva qu'un à séparer des combles au fond
Et nous vîmes les derniers détaler comme des lapins.


Puis les jours passèrent, les réparations avançant selon l'horaire,
Le rhum et les chants permirent de resserrer les liens entre les équipages
Et même Lupo Zenia remonta dans mon estime, lorsque de son plumage,
Il sortit une bouteille d'eau de vie qui fit très bien l'affaire.


Et c'est ainsi qu'un matin, nous pûmes enfin appareiller
Levant les voiles en direction de Los Cabros,
Debout au bout de la dunette, je vis s'éloigner,
Cette île à l'hospitalité relative, tout en caressant ma crosse.


Nous étions à nouveau marins, voguant au gré des flots,
Et des maux de bateau, nous en eûmes notre lot,
Bravant avarices et tensions, monstres et bâtiments ennemis,
Nous arrivâmes finalement à la destination choisie.


C'était un village aux modestes ambitions, baptisé Aguilas
Duquel il ne restait plus que ruines et chaos.
Tout n'était que destruction, hélas,
Jusqu'au âmes dont on entendait plus le moindre écho.


Rarement un tel spectacle à mes yeux fut offert,
Bien que savant dans l'art de la torture,
Je ne pu réprimer l'effroi sur ma figure,
Quand je vis qu'en guise d'étendard, flottait de la chair.


Les corps de femmes et d'enfants jonchaient les ruelles.
Le sort semblait plus clément avec les hommes forts,
Après une maigre enquête, notre ami Viktor,
Nous déclara que ce pourrait être, des elfes noirs cruels.


Nous fîmes provision de ce qui pouvait l'être,
Et fîmes voiles à l'est, longeant la côte,
Espérant trouver au prochain port, meilleur hôte.
Puisse le tout-puissant Ursun veillé sur nos êtres.


RH
 
NB: En tant que kislev, certaines orthographes peuvent différées de l'originale pour des questions de compréhension et de prononciation orales, c'est pour cela que vous trouverez par exemple "Los Cabros" à la place de "Los Cabos", et aussi parce que le kislev est flemmard lorsqu'il se rend compte trop tard de son erreur.  
_________________
Le lapin-garou vaincra


Revenir en haut
Esteban
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 15
Masculin
Point(s): 22
Moyenne de points: 1,47

MessagePosté le: Lun 16 Juin - 17:09 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Oh Estalie, te revoilà enfin !


La brise qui soufflait aux abords des côtes estaliennes ne parvenait malheureusement pas à balayer de notre esprit la boucherie dont nous fûmes, la veille, les témoins impuissants. Comme un cauchemar récurrent, le souvenir de ces cadavres dépecés revenait hanter notre mémoire tandis qu'au fond de notre gorge macérait encore cette amertume d'être arrivé trop tard... Nos égarements lyriques furent subitement interrompus par les cris du vigile, relayés bientôt par l'ensemble du navire : « Un homme à la mer ! ». Berniscio pataugeait gauchement à quelques mètres du bateau. La mer était plutôt calme et sa maladresse eut été sans conséquence si des ailerons menaçants ne convergeaient soudainement vers le pauvre homme. Bien qu'il fut rapidement possible de le hisser à bord grâce à la corde que nous lui lançâmes, les requins gagnaient indéniablement du terrain et le sort de notre matelot ne faisait plus aucun doute. À la recherche désespérée d'une échappatoire, nous surprîmes Loupo Zenia vociférer, en tiléen, quelque chose comme « allez donc vous chercher une autre proie ». Simultanément, comme si l'ordre avait été entendu de ces féroces animaux, tous les ailerons disparurent comme par enchantement. Le mystère de cet épisode resta tout entier, du moins pour notre personne.


Conscient que nos routes se sépareraient sous peu, nous nous entretînmes longuement avec Loupo. Nous le questionnâmes sur ses intentions futures et discutâmes des possibles arrangements dont nous pourrions prochainement convenir. Comme nous nous en doutions, Don Luis Tenario el Grande et El Dragon n'entretenaient pas une relation des plus amicales. Nous assurâmes notre acolyte que ce personnage ne nous tenait pas non plus à cœur et que nous nous rangerions facilement de leur côté si une lutte ouverte était engagée. Concernant notre possible passage à Sartosa, Loupo nous conseilla de rencontrer Michelo di Casimo qui navigue généralement entre Almagora et Magritta et pourrait nous servir de guide.


Une petite fête fut organisée pour célébrer notre dernière soirée commune. Le lendemain nous arrivâmes aux abords de Los Cabos, petite cité portuaire où stationnaient paisiblement une dizaine de navires. Arrivés au port, nous convînmes d'un possible rendez-vous, six mois plus tard, avec Loupo à Sartosa ; soit durant la fin de la saison de chasse.


Une fois à terre, nous eûmes rapidement vent qu'une sirène avait été capturée. Elle était exposée en ville, à la vue de tous, avant son jugement à la tombée de la nuit. Nous remarquâmes également que le recrutement de mercenaires semblait devenu sport national. On engageait désormais à la criée à chaque coin de rue ; preuve que le conflit entre les royaumes d'Obregon et d'Astarios prenait toujours davantage d'ampleur. On parlait désormais d'escarmouches par royaumes interposés.


En posant une ou deux questions, on nous indiqua également qu'un célèbre Maestro était établi en ville. Il devint rapidement question de le rencontrer afin de suivre ses enseignements. À Los Cabos, les Hidalgos courraient les rues, toujours aussi niais et imprudents. L'un d'eux nous bouscula volontairement sur le chemin du Maestro. Il fut rapidement question de régler cet affront à l'amiable et nous convînmes d'un duel, l'après-midi même, sous les yeux du Maestro de la Moëlle.


Le Maestro disposait d'une véritable salle d'attente, remplie de jeunes prétentieux dont les exploits se limitaient à des racontars. Inutile de dire combien nous nous sentions désormais au-dessus de ces jeunets occupés à régler des querelles de clocher. Une petite frappe eut malgré tout la suffisance irrecevable de nous faire trébucher. L'impertinent ne perdait rien pour attendre. Nous lui proposâmes immédiatement un duel pour régler l'affaire. L'après-midi s'annonçait plutôt mouvementé et nous nous en réjouissions. Toutefois, nous devions encore nous procurer au plus vite les services d'un témoin et garantir ainsi l'ensemble des procédures. Nous revînmes au pas de course jusqu'au centre où nous rencontrâmes Raspoutine qui était tout disposé à remplir ce rôle.


Nous ne souhaitions pas perdre notre temps précieux à des futilités. Nous résolûmes donc de régler ses combats par quelques feintes. L'assemblée fut dans un premier temps surprise par l'usage que nous faisions de notre kopeck. L'étonnement fit rapidement place à de l'admiration tant nous maniions désormais cette arme avec habileté. Le premier insolent fut calmé en moins de temps qu'il n'en fallut aux témoins pour définir les armes réglementaires du combat. Quant à notre second adversaire, accordons-lui au moins qu'il se révéla plus coriace. Mais quelle erreur lorsqu'il se lança dans l'exécution d'une botte que nous reconnûmes et dont nous parvînmes à déjouer l'effet. Nous ne tardâmes pas à profiter de son désarroi et à lui écorcher la face d'une belle entaille dont la cicatrice lui rappellera certainement, jusqu'à la fin de son existence, envers qui portait son affront. Bien que notre notoriété était nulle dans la région, l'usage du kopeck et l'exécution parfaite de nos mouvements nous assura le soutien de l'assistance. Le Maestro ne mit pas long à nous convier à une légère leçon privée...


Malgré la posture extrêmement imposante de la Moëlle, sa dégaine et son allure témoignaient d'une élégance et d'une souplesse dont nous savourions les moindres gestes. Cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas affronté un tel adversaire et il était bon d'essuyer enfin des coups que nous ne parvenions ni à parer, ni à esquiver. C'est en nage que nous terminâmes cette leçon mais instruit des nombreux préceptes que nous avions retenus. Nous le payâmes gracieusement en le remerciant encore pour ses services et espérâmes le revoir un jour pour un autre combat, probablement plus intense encore.


De retour au centre de Los Cabos, notre priorité restait le recrutement d'une trentaine de marins pour remplacer ceux que nous avions tragiquement perdus dans la bataille contre Loupo. Nos compagnons s'étaient déjà attelés à cette tâche et nous croisâmes Marten accompagné d'une dizaine de marins prêts à nous servir. Pour notre part, nous nous rendîmes à la Morue Parfumée où nous parvînmes à en recruter sensiblement le même nombre, principalement des gabiers. Nous nous retrouvâmes ensuite au Maquereau Doré pour engager les derniers matelots nécessaires. Tout en organisant la sélection, nous dégustâmes une fine minestrone qui nous rappela combien la cuisine estalienne surpassait de loin toutes celles que nous avions eu l'occasion de goûter durant notre périple.


En discutant de choses et d'autres nous écoutâmes, l'oreille distraite, le récit de Viktor. Celui-ci évoquait son entrevue avec la sirène. Sachant le caractère capricieux de ces redoutables êtres des mers, nous n'apportâmes que peu de crédits aux dires de Viktor qui prétendait s'être entretenu avec elle. Après le quatrième services de minestrone, nous quittâmes l'endroit pour nous rendre chez le Duc et lui annoncer les horribles scènes dont nous avions été témoins. Sans doute était-il aviser de le mettre en garde par rapport aux dangers qui menaçaient ostensiblement la région.


Le Duc était en vérité un enfant gâté, jeune et présomptueux que seuls les distractions les plus primaires semblaient affecter. Nous nous adressions bien à la bureaucratie d'une région incapable d'accorder de l'importance à une situation des plus préoccupantes. L'attention du Duc se focalisa rapidement sur le spectacle de Raspoutine et de son ours. Nous préférâmes approcher directement ses généraux qui débattaient avec vigueur des mesures punitives et de la taille des bûchers à élever... Nous tentâmes de leur ouvrir les yeux sur la menace imminente qu'ils auraient à affronter. Notre plaidoyer, agrémenté de quelques témoignages des horreurs que nous avions eues à affronter durant notre voyage, trouva malgré tout quelques échos. On évoqua notamment un ancien système de défense, reposant sur des foyers dispersés sur les sommets de la région, à même de relayer les informations au sein du royaume.


Nous nous rendîmes ensuite au jugement de la sirène même si le sort qui lui était réservé ne laissait, à notre avis, pas l'ombre d'un doute. L'intervention pertinente de Raspoutine fit un certain effet sur la foule ; celui-ci soutenant qu'il s'agissait d'un animal et que son sort ne relevait pas des compétences d'un tribunal. Malgré tout, le verdict ne tarda pas à tomber et fut sans appel. Une fois le bûchée allumée, notre compagnon déchargea, fou de rage, ses pistolets sur l'animal qui expira aussitôt ne laissant à la foule qu'un spectacle de poisson grillé ; elle qui espérait assister à sa longue et pénible agonie.


Peu avant la mort de la sirène, notre attention fut brièvement détourné par un coup de feu retentissant dans les quartiers du port. Inquiet pour la sécurité de notre navire et de son équipage qui, il faut le dire, en avait un peu marre des mauvaises surprises, nous dévalâmes à grandes enjambées les ruelles jusqu'aux quais. Nos yeux balayant la baie, nous aperçûmes rapidement la source de cette pagaille. Profitant de la marée descendante, le navire d'un marchand avec lequel nous nous étions entretenu le matin même prenait rapidement le large. Trônant fièrement aux commandes, le Chien du Dragon nous adressa un signe convenu que nous lui rendîmes furtivement. Sacré Loupo ! Même s'il nous laissait dans un bel embarras, nous ne pûmes retenir une certaine admiration pour ce personnage avec lequel nous avions presque hâte de nous entretenir à nouveau. Mais pour l'heure, il s'agissait de lever l'ancre au plus vite. Nous rassemblâmes activement toute la compagnie pour appareiller. D'ailleurs n'avions-nous pas précisés que nous pensions quitter cette cité le soir même?! Notre départ se déroula étonnamment sans encombres. L'ensemble des autorités du port s'agitait pour rattraper le fuyard mais déjà ses voiles s'effaçaient au loin, ne laissant qu'un pâle reflet de lune sur l'horizon devenu ténébreux.


Passés les épreuves d'usages, nos nouveaux marins s'acclimatèrent timidement à l'ambiance du navire et après quelques paisibles jours de mer, nous aperçûmes avec impatience la Baie de la Sérénité. L'imprenable citadelle surplombait inflexiblement le lieu qui était animé d'une agitation sans pareille en cette saison des célébrations du Grand Renversement.


Arrivés au port, Lona nous versa gracieusement notre solde. Raspoutine laissa échapper quelques grognements manifestes lorsqu'elle lui tendit ses 30 couronnes tandis que Deux Bottes se hâtait de ranger son pécule dans sa bourse qu'il gardait jalousement autour du cou. Nous savions que notre escale à Magritta durerait probablement quelques semaines, d'autant que nous devions impérativement nous rendre à Modena pour libérer notre père.


Nous remerciâmes chaleureusement Hans Verkehr pour ses services. Celui-ci nous quitta, comme convenu, dès notre arrivée, accompagné d'une dizaine de marins. Viktor partit également retrouver l'un de ses contacts aux abords de la ville. Selon notre compagnon, de graves dangers menaçaient la région et il serait bon d'en faire part au Roi le plus rapidement possible. Encore faudra-t-il trouver un moyen de l'approcher.


Nous nous rendîmes au Corbeau et au chat pour retrouver nos contacts dans la cité et nous abreuver de leurs fraîches nouvelles. Une fois à l'intérieur, nous reconnûmes rapidement Bernardo el Lopos qui nous indiqua que Sigurio était au fond du bar. Les signes convenus nous permîmes d'accéder à la salle où il se trouvait. Quel ne fut pas notre plaisir de retrouver enfin quelques têtes familières, au courant des malheurs qui nous liaient implacablement à cette cité. Les propos dont il nous fit part nous aiguillèrent peu à peu vers la stratégie à mettre en place.


La situation s'était passablement détériorée en ville. La soupe populaire avait été abolie et le fléau que représente la pauvreté croissait continuellement. Le manque de logement obligeait plusieurs habitants à se construire des maisons de fortune dans les quartiers les plus mal famés... Il était temps de redonner un coup de pouce à cette cité et de reprendre les choses en main d'autant que nous disposions désormais des moyens nécessaires. S'attirer les faveurs de la population ne pouvait qu'être bénéfique à nos différentes entreprises.


Sigurio nous parla longuement de nos anciens camarades de la salle d'arme. Il nous incombera bien entendu de les rencontrer chacun en temps voulu. Notre ami nous avertit toutefois que l'un d'entre eux, Zerro di Tiñeas, s'était mêlé à l'Inquisition. En trois ans, le monde avait clairement changé et cette nouvelle nous rendit attentif au fait que nous ne pouvions faire confiance à tout le monde. Sigurio évoqua également la création de la Sigurezza, une compagnie d'assurance maritime affiliée à la Linea del Sur. Étonnamment, les navires inscrits à cette compagnie ne semblaient plus victime d'attaque de la part des corsaires. Il était évident que ce n'était pas pour rien et qu'un complot devait se tramer quelque part. Embustero se rendait, semble-t-il, deux fois par mois au port pour discuter avec un personnage inconnu. Sans doute en apprendrions-nous davantage sur ces agissements si nous pouvions discrètement assister à l'une de ses entrevues.


Nous sentions que nous approchions de notre but et surtout, nous avions désormais un plan. Embustro avait trempé dans des affaires suffisamment louches pour que nous puissions le mener en justice et jeter sa personne dans un opprobre irréversible. Encore faudra-t-il trouver les preuves nécessaires. Notre père constituera sans aucun doute la pièce maîtresse de ce procès. Prouver que les accusations de malversation qui avaient été portées contre lui quelques années auparavant étaient infondées rétablira incontestablement l'honneur de notre famille. Embustero reste indéniablement un gros poisson et ses nombreuses relations rendront notre tâche plus ardue. Il serait préférable de l'approcher dans un premier temps en ami, sous la couverture marchande de la famille Zimmerman, et de s'en faire un allié pour mieux le discréditer par la suite.


Autant dire que les prochaines nuits allaient être courtes mais désormais nous étions prêts à nous engager dans cette lutte, consommer cette vengeance qui anime chaque parcelle de notre être depuis trop longtemps. Alors ce petit mouchoir s'imbibera enfin du sang de celui qui a osé commettre l'irréparable et nous repartirons le cœur libre. Aux larmes de colère et de honte qui ruissellent sur notre visage à la mémoire de notre mère succédera, définitivement, notre sérénité retrouvée.


Revenir en haut
L'étranger
Responsable Binettes

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 21
Localisation: Empire
Masculin
Point(s): 23
Moyenne de points: 1,10

MessagePosté le: Mer 18 Juin - 20:02 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Journal d'humble sorcier 

 
Maître Stupende et moi-même passâmes la journée à discuter énigmes arcaniques, intrigues politiques et pâture de moutons. Le soir, nous étions attablés, prêt à nous servir de fromages de brebis et de lait, quand un curieux visiteur frappa à porte. L’homme qui fit son apparition à l’embouchure de la modeste demeure, entra d’une démarche convaincue. Son accoutrement ne me laissa aucun doute quant à son appartenance. Son excentrique couvre-chef à cornes de cerf et les multiples mais discrètes distinctions qu’ornaient sa tenue de forestier et son grand arc, le désignait comme prêtre de Taal et Rhya. Stupende me le présenta sous le nom de Domenica Zarrota dît l’Obietivo pour son adresse au tir. L’homme parlait reikspiel au fort accent tiléen. Grand et svelte d’une trentaine d’année, l’aventurier semblait éreinté pour son récent voyage, ses habits nécessitaient de-ci de-là quelques points de couture et les cernes qui estampillaient son visage terreux réclamait un sommeil régénérateur. 

 
Nous ne fûmes pas étonnés de son apparition, nous entendions le retour de cet homme des Mont-Pucini voilà quelques jours. Nous le laissâmes s’installer à son aise et nous partageâmes notre modeste repas en parts égales. Il nous contâmes son épopée jusqu’au tombeau des Acoutec au travers des lignes de peau-vertes  qui infestaient la région. Encore un signe qu’une invasion de grande ampleur menace la terre des hommes. Après quelques heures d’un long monologue peu structuré, le prêtre, frappé par la fatigue, s’en alla sommeiller à la bergerie. Magister Stupende se retira également mais laissant ainsi toute la quiétude de la nuit pour examiner les nouvelles possibilités qui s’ouvraient, désormais à moi.  

 
L’Empire à feu et à sang, l’incarnation du fils de Sigmar, une mystérieuse prophétie bien gardée, le Roi des Pirates souhaitant notre mort, l’expédition à l’Echine du Dragon et convaincre le Roi d’Estalie de stabiliser son royaume pour combattre un ennemi commun. Il y avait tellement de choses qui m’échappaient, tout semblait lié mais quand je croyais franchir l’ultime étape, sous mes doigts squelettique, tout s’éclipsait. Plus j’essayais de comprendre, plus je me noyais dans les méandres d’un souvenir disparu. C’est un cauchemar, c’est l’apocalypse. Car derrière ce bric-à-brac se cache un secret démoniaque.  

 
Je ne dormis pas cette nuit-là mais aux premiers bêles des moutons, mon plan prenait forme et l’accomplissement de la quête personnel d’Esteban semblait la clé qui me permettrais d’ouvrir la première porte du dédale qui m’attendais pour la sauvegarde du monde comme nous le connaissions.  Enfin, je l’espérais. 

 
Tout en regrettant déjà la douceur de la vie de berger, je descendis, accompagné de l’Obietivo, le chemin sinueux qui menait à la ville et à ses assourdissantes festivités, pour rejoindre mes compagnons. Je profitais de la dizaine de minutes de chemin pour convaincre le prêtre tiléen de se joindre à mon expédition à l’Echine de Dragon, ce qu’il accepta pour quelques pièces d’or. Je trouvais mes compagnons à l’auberge de « le Rose et l’Epée », je pensais avoir discerné la personnalité de chacun de mes compagnons mais je fus une nouvelle fois surpris, Marten après des années de voyage, après avoir traversé les dangers du pays-perdu, la chaleur des déserts arabéens, la végétation tropicale du comptoir des cocotiers, il se décida à couvrir ses longues culottes d’un pantalon, fort seyant. Durant la matinée, Nous parcourûmes les infrastructures de la famille Tiermmermann et envisageâmes les futures réalisations luxueuses que nous devions réaliser pour rapprocher la famille marienbourgeoise de la Linea del Sud et de son gestionnaire, Joaquim Embustero. 

 
A l’heure du repas de midi, de mémoire autour d’un gaspacho negro, une soupe froide aux pâtes et à l’encre de seiche, dans une auberge bien tenue, la langue d’Esteban se délia, la larme à l’œil, la voix chevrotante, il nous narra son histoire dans l’indifférence générale de mes compagnons.  Bien que je connaissais déjà la plus parts des passage, je pris l’aire empathique lorsqu’il nous raconta la mort de sa mère des mains d’Embustero, l’aire révolté lorsque ce même homme fit envoyer le père d’Esteban dans la prison de Molena, accusé à tort de malversations et l’aire étonné lorsqu’il nous avoua réfuter l’escrime jusqu’à sa rencontre avec son Maître et sa fuite en Empire. Je lui tiens des propos encourageant  et lui offrit toutes mes ressources pour redorer l’honneur de sa famille et dans un idéal, que son père reprenne la gestion de Linea del Sud au détriment d’Embustero. 

 
Ingénieusement, Esteban fit suivre Embustero depuis déjà quelques mois. Et les informations obtenues depuis son arrivée à Margrita étaient cruciales pour la suite de notre plan. Embustero avait lancé une compagnie d’assurance navale et depuis les navires assurés ne subissait, étrangement, plus les attaques de pirates en tout cas jusqu’aux îles sorcières, d’après la conversation que j’ai pu intercepter entre les pirates, Vargas et Los Cabos. Embustero rencontrerait sporadiquement  dans les docks de Margrita un capitaine pirate, ils y échangeraient des sources non-matériels. Je proposais à Esteban de m’occuper de sa filature afin de révéler au grand jour ces agissements pour le discréditer et l’évincer de Linea del Sud, ce qu’il accepta. 

 
Le soir même, Esteban nous proposa de nous divertir en nous conviant à une célèbre pièce de théâtre estalienne, « L’Amour est dans l’Epée » dont la prestation des acteurs me fit découvrir une nouvelle envergure à l’œuvre écrite que je considérais, avant cela, comme plutôt médiocre. Mais l’intention d’Esteban n’était pas de nous faire découvrir la dite pièce mais de nous présenter son informateur, Juan. Un estalien quelconque idéal pour les missions d’espionnage, il nous désigna d’un doigt une des alcôves d’où s’échappait la lueur d’une longue cigarette. Embustero accompagné de son bras-droit, Torcela, reconnu pour son talent de physionomiste, appréciaient nonchalamment la pièce. Juan me divulgua l’emploi du temps d’Embustero comme il le put car Raspoutine, vraisemblablement fasciné par la pièce, l’interrompait régulièrement de « chuts » intimidant. Nous apprîmes également lors de cette soirée que le père d’Esteban avait su faire dos rond et ses talents de marchant avait été mis à profit pour la comptabilité de la prison, Esteban fût heureux de l’apprendre compte tenu que la renommée d’enfer sur terre de la prison était dû à son tyrannique directeur carcéral, Inccio Vergues. 

 
A la fin de la représentation, nous nous séparâmes de Juan qui continua la filature d’Embustero  et nous rejoignîmes la plus belle auberge de la cité, la « Burbuja de Mirmidia » où nous louâmes les plus belles suites. Mes compagnons décidèrent de vivre de luxueuse façon et jouer avec la renommée acquise de « Libérateurs de l’Albasse » et se surnommèrent « Les Richissime Libérateurs de l’Albasse »  à fin de donner une plus-value à l’inauguration de la nouvelle succursale de la famille Van Timmermann. 

 
Je constatai que des quelques mendiants qui nous observaient depuis notre amarrage  à la Baie de la Sérénité, plus d’une dizaine, maintenant, se relayèrent  pour épier nous faits et gestes. Voilà plusieurs que jours que les mêmes mendiants usant de subterfuges faussement illusoire, sont postés aux abords de notre auberge, guettant notre sortie. Lorsque je partageai ses renseignement aux restes du groupe, Esteban but d’un trait son verre du plus chère des vins rouges de la cave, se leva, réajusta sa coiffe, sortit dans la rue et prit par la gorge, le premier miséreux qui passait par là. Son instinct affuté, la une nouvelle fois pas fait défaut car le pauvre mendiant ne mis pas long à avouer qu’il appartenait  à la « Cours des Orangers », instance officieuse de la pègre et des nécessiteux, dirigé par Salas Espinos que nous avions déjà rencontrer dans une sombre affaire de traite humaines. Je me souvins que l’homme avait la particularité de disposer de crochets à la place des mains. Nous transmettons au mendiant, toujours étouffé par la prise d’Esteban, que nous souhaitons rencontrer Salas Espinos, le pauvre homme acquiesça, se dégagea de l’étreinte et fila dans les sinuosités des ruelles obscures. Depuis cette altercation, ni Esteban ni moi-même ne revîmes Juan. 

 
Après quelques jours où mes compagnons exagèrent en frivolités en tout genre, nous reçûmes parmi les nombreuses invitations aux soirées mondaines, un message de Salas Espinos qui nous proposait de nous retrouver à l’Impasse des Bouchers dans même conditions que lors de notre dernière rencontre.  

 
Malgré la tension palpable et les actes malséants qui avaient pu contrarier Salas Espinos, nos retrouvailles avec le responsable de la « Cours des Orangers » se déroula sans grabuge et même mieux que nous pouvions l’espérer, l’homme nous confia qu’il avait déjà pu avoir affaire avec Embustero. En remerciement à famille Timmermann d’avoir réinstauré la soupe populaire supprimée par la Linea del Sud, Espinos nous promit de nous aider pour trouver les ennemis d’Embustero. 

 
Le jour du vernissage de la succursale de la famille Tiermmermann se fit comme prévu avec démesure, l’assistance, pour la plus part des nobles marchants mais également le Duc de Guadolaos, furent conquis par le parquet en ébène qui donnait un côté extravagantement tropical l’auguste demeure. Hormis le Duc, trois marchants retinrent notre attention. Senior Pablo, affilié à Mercopia, divinité des marchands esaliens. Senior Gaspard, organisateur de « corrida », joute sanglante mais populaire ayant pour but la lente agonie d’un taureau. Et Senior Iniasc autant intéressé par les profits de son entreprise que par la consommation de substances psychotropes. Tous trois membres de la « Chambre Ordinatrice de Linea del Sud ».  Je constatai que Padre Obietivo ne se laissa pas prier et profita allégrement de la soirée, buvant d’innombrables breuvages et méritant, aux jeunes demoiselles qui l’accompagnait, les bienfaits des désirs charnels d’après Rhya. Marten resta prostré seul dans un coin, l’air austère apparemment contrarié pour une raison que j’ignore. Quant à Raspoutine, la rumeur qui courrait que le kislévite était dresseur d’ours le précédait et il n’eut à faire qu’une démonstration  pour conquérir le cœur de ses nouveaux admirateurs. Pour sa part, Esteban se démêla pour trouver un instant pour parler avec la plus parts des invités dont les plus notables et de se faire une notoriété incontestable comme capitaine de la Vive-Nef qui permit  à la famille Timmermmann de retrouver son image d’entant. De mon côté, je profitais que de la condescendance des nobles envers les plus bas de l’échelle sociale pour donner à mon apparence l’illusion d’un simple sommelier magritain, j’enivrais les personnes qui me semblaient les plus susceptible à délier leur langue sous l’influence de boissons enivrantes. J’appris par ce biais que l’assurance « Sigurezza » n’était pas officiellement affilié à la « Linea del Sud » comme nous le pensions jusqu’à maintenant. 

 
Alors que la soirée battait son plein, le grabuge venant de l’extérieur attira la curiosité de quelques convives et de moi-même. Dehors, des habitants courraient en tous sens, une chaîne d’hommes se passaient des seaux d’eau de mains en mains pour éteindre l’incendie qui faisait rage au « Corbeaux et le Chat », l’auberge où Esteban rencontrait ses informateurs.  Manifestement, Esteban qui passait que son identité n’était connu de personne devrait se méfier si Embustero a eu connaissance qu’il était surveillé, l’homme a les moyens de remonter jusqu’au jeune estalien. Ces jours sont peut-être comptés à moins que je ne sois une nouvelle fois là pour éviter l’inévitable. Je suis le joueur d’échecs dont les pions ignorent encore leur rôle. Rien n’est vrai, tout est permis 

_________________
Ne faites pas attention à moi, je ne suis que de passage.


Revenir en haut
Friederich Marten
Rôliste encravaté

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2014
Messages: 8
Masculin 龍 Dragon
Point(s): 21
Moyenne de points: 2,63

MessagePosté le: Mar 12 Aoû - 16:42 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Au moment le plus intense d’un rêve qui berçait ma sieste, des cris de panique et de disputes provenant de la rue m’extraient de mon sommeil du juste. Si je n’ai pas dormis trop longtemps, les festivités pour l’inauguration de la succursale des Zimmermann doivent encore avoir lieu en ce moment. Bien entendu cela ne m’intéresse pas, j’ai une mission d’une autre catégorie à accomplir et je n’ai pas la tête à la fête. L’instinct qui me guide vers mes maîtres inconnus à Luchini se fait de plus en plus brutal.
           
            Il fait une chaleur pesante, il n’y a pas le moindre courant d’air pour rafraîchir un peu mon visage et mes cicatrices baignent dans une sueur de couleur variant entre jaune pus et rouge sang pourri tendance verdâtre. Je bois une lampée d’absinthe, arrache nerveusement mes croûtes fraîches et les donnes comme repas pour Fernand qui se porte magnifiquement bien sous son armure de cuir cloutée. Je me lève et effectue les quelques pas qui me séparent du seuil de la porte du balcon de ma chambre. Au travers de la vitre j’aperçois une gerbe de fumée épaisse qui monte verticalement vers le ciel pour s’évaporer vers un point de fuite imperceptible. En dessous du nuage gris, le bar favori d’Esteban, « le corbeau et le renard », scintille dans des flammes ardentes aussi aveuglantes que l’astre du jour. Sans doute un nouveau règlement de comptes entre ses barbares éduqués d’estaliens. Ces gens ne savent définitivement pas vivre en communauté avec leur morale de pacotille, sous leurs uniformes ridicules, généralement un pantalon bouffant de couleur vive, des collants blanc ou noir, une veste à froufrous grenade, un gilet turquoise ou rose et des espadrilles, ils ne connaissent pas l’humble orgueil des nordiques. D’ailleurs notre capitaine par intérimaire, natif de ces contrées arriérées, me semble de plus en plus tremper dans des affaires de corruption et ses desseins dans cette région me semblent bien secondaire en comparaison du raz-de-marée de cruauté et de mort qui va se déverser sur notre précieux continent. D’un autre côté je ne résiste jamais à l’appel de l’action et des querelles sans importance me permettent heureusement de pouvoir exprimer la violence qui fait bouillir mes entrailles. Et voila une bonne occasion qui se présente…
           
            Je m’empare de mon matériel de combat de rue. Une gravure sur la tête de mon marteau, comme pour marquer d’un timbre la face des victimes de ma furie,  retient mon intention pour la première fois. Une inscription en ancien reikspiel y figure, en simultané de ma lecture muette, une voix cristalline et fuyante de femme récite à haute voix la phrase… «  Au cœur de la nuit, j’entendrais le marteau salvateur, des derniers battements du monde libre. ». J’ai peut être un peu forcé sur l’opium hier, il me reste un sacré stock dégotté durant notre périple et que je cache secrètement à toute l’équipe y compris les calfateurs.
 
            Le long de l’avenue proche de la bâtisse en flamme je tombe nez à  nez avec Esteban et Viktor, derrière eux une foule et une potence sont installées devant l’auberge incendiée. Cela ne me surprend pas assez pour m’intéresser, les estaliens ont vraiment un don pour la comédie ! Le jeune escrimeur tente de camoufler les larmes qui ruissellent sur sa joue. « Quand l’enfant joue avec le feu, il se brûle », lui dis-je sur le ton de la rigolade, visiblement frustré il me répond « Je vais dormir… ». Puis s’en va la tête basse. De sont côté l’excentrique Viktor qui parait très excité et remonté décide sur un coup de tête de partir enquêter en solitaire bien que je lui ai proposé ma précieuse aide. Je décide donc de rattraper Esteban pour le raccompagner, le pauvre enfant n’a parfois tout simplement pas les nerfs suffisant pour ne pas se laisser accabler par la situation. Pas de combat ce soir, malheureusement,, je met mon bras autour de son coup et lui masse le bras en marchant, le ramène à sa chambre, lui sert  un calice de thé avec un sucre à l’opium, le borde puis lui chante une chanson en reikspiel. Juste avant de fermer la porte j’entends Esteban qui me dit « merci », je lui dis « bonne nuit mon enfant ». Je vais me coucher.
 
            Quelques heures plus tard Viktor revient quasi bredouille de son enquête, il hurle dans les couloirs de l’auberge qu’il a pu identifié un fuyard et le quartier dans lequel il se rendait, les taudis. Je suppose qu’il est plutôt aller violer des jeunes garçons dans les quartiers sales et je pense qu’il ne parvient pas à admettre qu’il est simplement revenu pour chercher l’aide de Raspoutine, Deux-Bottes et de moi-même, pour changer. Nous regagnons nos chambres après avoir eu écho de ses informations.
 
            Après avoir dormis deux heures bien méritées je vois, dans le couloir de l’auberge, Esteban, le regard vitreux mais perçant, visiblement encore dans la vapeur supra sensorielle résiduelle due à la prise d’opium, qui se prépare, il a des visites a faire aujourd’hui me dit-il. Il doit rencontrer la mère de Bernardo, Linda, une connaissance typiquement estalienne, avec son parler suave et ses névroses régionales. Il me conseille de ne pas l’accompagner ce que j’accepte automatiquement.
           
            De retour, Esteban nous propose de rendre visite à Juan, sous conseils de la vielle, un homme qui après de nombreuses agressions subies vit reclus dans sa demeure. Les hommes qui l’attaquaient fréquemment semble correspondre à la description que Viktor a faite du fuyard. Cette fois nous l’accompagnons tous à l’exception de Viktor. Juan nous confirme qu’il s’agit  bien d’un règlement de compte dont les tenants et aboutissants ne m’intéresse guère.  Juan nous explique que l’homme que Viktor a suivit durant la nuit est un mercenaire de type long nez travaillant pour la Confreria Della Gabardina. Je vous passe, par Morr, les détails stylistiques de leurs tenues, un genre de bouffon-poète des abîmes profonde, masqué pour sans doute cacher leurs visages honteux  et fiers en même temps, comme des paons gavés, totalement estalien en somme. Cela me réjouis et m’enthousiasme beaucoup que de fracasser du sudiste efféminé en collant noir.
 
            Esteban prend son rôle de capitaine un peu trop à cœur, en souscrivant notre navire, sans m’avertir, à une assurance. En sursautant au son aigu de la voix  de l’enfant annonçant la nouvelle, Raspoutine se brûle avec la cendre de sa pipe. L’assurance, proposée par Pablo Tordesillas, un fidèle de Mercopio, est sensé protéger par la grâce des dieux notre vive nef durant notre voyage. Je crois sincèrement que les dieux ont déjà assez de préoccupations comme ça. En plus, je préfère compter sur moi seul plutôt que sur le supposé miracle d’un dieu estalien. Nous négocions les détails du transport que nous devons effectuer pour Pablo, je me distancie des discussions qui, entre estaliens, se résument à un échange de cordialité sans aucun sens entre deux têtes de mule sourdes.
 
            Demain, dans les taudis, nous irons rencontrer Embustero et Salas Espinel… Un homme avec un crochet à la place des mains. J’espère que ces problèmes de faible envergure ne me retarderont pas trop dans ma mission prophétique de sauvetage du monde des vivants.
 
A bientôt,
 
Friederich Sasha Marten, Magritta, 31 juillet


Revenir en haut
Raspoutine
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2012
Messages: 15
Localisation: Neuch
Point(s): 27
Moyenne de points: 1,80

MessagePosté le: Mar 12 Aoû - 16:56 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant






"Raspoutine Harkovsyn, mémoires d'un prestigieux kislévite", Pages 24-25, par Pablos Sanchez



 - Textes retrouvés par l'expédition Klasiak - Collection Vlodastek, Musée
des Héros, Cité de Kislev



_________________
Le lapin-garou vaincra


Revenir en haut
Esteban
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 15
Masculin
Point(s): 22
Moyenne de points: 1,47

MessagePosté le: Mer 20 Aoû - 18:23 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Rixe magrittaine


Le combat semblait faire rage depuis des lunes entre les étroites ruelles qui nous entouraient. Fracas et tumulte emplissaient la petite place silencieuse et prétendument déserte en cette heure habituellement dévouée aux célébrations du Grand Renversement. Nous sentions nos compagnons et nous-même ployer sous l'indomptable assaut de ces femelles en furie. Nos moyens nous abandonnaient peu à peu face à cet ouragan d’œstrogènes d'autant que notre adversaire, particulièrement séduisante, n'avait de cesse de nous porter des coups gracieux et délicats qui nous désarçonnaient complètement. Nous ne pouvions la blesser tant son visage, embelli par sa fureur de nous terrasser, nous charmait. Les gouttes de sueur qui perlaient discrètement sa figure s'écoulaient désormais jusqu'à sa gorge et se perdaient dans le creux de sa poitrine. Nous apercevions à présent les formes généreuses qu'esquissaient ses seins sous sa chemise de cuir et nous nous abandonnions au songe, imaginant que cette lutte se terminerait sous un arbre où nos corps meurtris pourraient enfin goûter à l'étreinte amoureuse que ce combat suggérait. Une fois nos désirs satisfaits, elle s'exalterait devant chaque bribes des prouesses que nous lui conterions. Puis, les corps parleraient à nouveau jusqu'à ce que le plus paisible des sommeils nous gagne, tous deux, inexorablement.


Nos transports amoureux furent, comme de coutume, interrompus par l'un de nos compagnons. Viktor, perché sur un toit qu'il avait enjambé comme s'il s'était agi d'une banale marche d'escalier et usant de sa plus sombre magie, fit muter l'un de ses clones en une aberration dont la vue mis un terme définitif à notre ravissement. Cette apparition ignoble eut néanmoins le mérite de dérouter complètement la plupart de nos adversaires. Nous remarquâmes alors que nous n'étions pas seul comme nous le pensions. Un groupe d'enfants observaient discrètement le combat depuis le soupirail d'une maison attenante. Un rapide coup d’œil alentour nous révéla également l'arrivée subite d'une nouvelle cavalière qui décocha une flèche sur l'Objetivo. Celui-ce riposta habilement par deux traits bien placés qui firent tomber cette impertinente donzelle à la renverse. Profitant de la cohue créée par Viktor, Raspoutine porta quelques coups cinglants à Ingrid dont les souffrances se faisaient de plus en plus audibles.


Il devint évident que nos adversaires ne souhaitaient pas notre mort mais notre capture. Elles se contentaient de décoiffer nos compagnons de leurs casques pour porter ensuite un coup assommant qui les mettrait hors d'état de nuire. Pendant que Marten, inflexible, portait à la jeune femme aux kopecks une terrible volée, la décapitant sur le coup, Viktor descendit de son toit et approcha les cavaliers apeurés. Nous reconnûmes alors le premier, qui ne pouvait être que Torcello, le bras droit d'Embustero. Le second était en fait une cavalière arborant trois griffons sur son plastron. Face aux insoutenables invocations de Viktor, nos adversaires mirent rapidement fin au combat. Notre ami s'entretint avec Torcello et lui dévoila une partie de nos plans tandis que les cloches résonnaient au loin, annonçant la fin des célébrations et l'arrivée imminente de la foule. Le magicien fit disparaître ses clones au moment où une patrouille du guet nous approchait au pas de course. Nous constatâmes alors que la petite place où nous nous trouvions, si paisible à notre arrivée, ressemblait désormais à un champ de bataille. Nous aurions donc à nous justifier pour éviter tous soupçons. Bien entendu, Torcello affirma que sa troupe avait été victime d'une embuscade alors que nous défendions le contraire... Nous conduisîmes rapidement les enquêteurs auprès de la veuve pour légitimer notre alibi. Ce fut l'occasion d'une nouvelle surprise puisque nous découvrîmes qu'entre-temps, la veuve avait été froidement assassinée. Il ne faisait aucun doute que cet acte ignoble avait été commis par la cavalière qui avait rejoint le combat peu après son commencement.


Ostensiblement irritée par nos discours contradictoires, la patrouille nous menotta et nous emmena au temple de Verena pour un interrogatoire plus approfondi. Sur le chemin, nous fûmes surpris de constater que Viktor était parvenu à s'éclipser alors qu'il était menotté à nos côtés quelques instants auparavant. Sa disparition laissa les soldats perplexes un moment mais nous nous remîmes rapidement en route. On nous laissa ensuite croupir en cellule plusieurs heures. Durant cette attente, nous convînmes d'une plaidoirie cohérente que chacun exprimerait en temps voulu. Ainsi nous avions rendus visite à la veuve dont nous connaissions le mari depuis longtemps. Celle-ci nous confia qu'elle avait reçu, quelques jours auparavant, la visite de plusieurs femmes à l'allure douteuse... En sortant nous fûmes encerclés par deux cavaliers, un sorcier ainsi que les guerrières que nous identifiâmes aisément comme celles que la veuve nous avait décrites.


Nous fûmes convoqués chacun notre tour pour présenter notre version des faits. L'inspecteur nous parut un homme droit et honnête qui ne cherchait qu'à rétablir la vérité. Nous lui touchâmes quelques mots des investigations que nous menions actuellement contre le connétable mais l'affaire actuelle le préoccupait avant tout. Peut-être devrions-nous le contacter par la suite pour l'entretenir de l'enquête que nous menions jusque-là en secret.


Suite à nos différentes dépositions, incapable de désigner un coupable et embarrassé par un nouvel afflux de prisonnier, l'enquêteur nous relâcha. Nous fûmes néanmoins sommés de rendre visite prochainement au juge de paix pour nous acquitter d'une amende. Lessivés, nous rentrâmes à notre hôtel particulier où nous retrouvâmes Viktor. Nous échafaudâmes la suite de notre plan en préparant notre départ pour Modena. Nous nous renseignâmes également sur l'identité des guerrières qui nous avaient attaqués. Il semblait qu'elles appartenaient à une troupe de gladiateurs mercenaires que l'on nommait Les épouses sanguinaires du seigneur Kirnsbi.


Avant de partir, nous nous rendîmes chez le juge de paix. Raspoutine, Marten et l'Objetivo encaissèrent 25 coups de fouet pour purger leur peine. Nous ne pûmes souffrir ce traitement et payâmes une amende de cinq couronnes. Nous ramenâmes ensuite nos compagnons meurtris en calèche. Pour couvrir notre départ, nous décidâmes de payer encore quelques nuits à l'hôtel et de sortir à l'aube incognito pour rejoindre nos amis dans le village voisin. Chaque jour nous rapprochait davantage de notre but mais nos agissements à Magritta étaient désormais connus. Le connétable allait sans aucun doute s'employer à enrayer la menace que nous représentions pour sa personne. Mais au fond de nous, nous savions que la réussite de notre entreprise était proche et qu'en planifiant notre perte, ce félon ne faisait qu'accélérer la sienne.


Revenir en haut
L'étranger
Responsable Binettes

Hors ligne

Inscrit le: 02 Sep 2012
Messages: 21
Localisation: Empire
Masculin
Point(s): 23
Moyenne de points: 1,10

MessagePosté le: Mer 3 Sep - 21:23 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Carnet de note d'un humble érudit  
 
 
Je ne suis personne, je ne suis personne me répétais-je pour me convaincre mais rien n’y faisait. Je restais persuadé qu’il était trop tard, désormais Embustero et ses hommes savaient qu’un sorcier séjournait à Margrita, ils me traquaient, je le savais, je le sentais. 
 
 
Je déambulai plusieurs heures dans les rues chaudes de cette ville que j’appréciais jadis mais qui désormais me semblait être mon tombeau. Je fuyais un ennemi invisible, chaque regard qui se posait sur moi était comme une goutte d’eau qui emplissait graduellement mes poumons, j’étouffais.    
 
 
Je restai enfermé dans ma chambre dans l’obscurité totale, je retrouvai ainsi celle que je n’avais plus vue depuis longtemps mais qui ne m’avais pourtant jamais quitté, ma compagne, mon amante, celle qui m’enlace de ses bras glacés, celle dont j’avais si peur enfant mais qui est devenu avec le temps ma seule amie. Ma chère Solitude. Nous conversâmes durant un temps que je ne saurais estimer, des heures, des jours et peut-être des mois peu importe. Un moment, elle se leva, fit quelques pas dans ma direction. J’étais me semble-t-il, recroquevillé au pied de mon lit, de sa main douce et froide, elle me releva le menton et c’est tout mon corps qui se dressa. Désormais debout, elle me susurra à l’oreille  un « Je reviendrai » qui me lassa vide comme un coquille d’œuf, elle posa délicatement ses lèvres contre les miennes et j’aspirai son être, son entité, jusqu’à qu’il ne restait d’elle que cette distinctive sensation de froideur dans mes entrailles, c’est à ce moment qu’Esteban frappa à ma porte.  


 
Le jeune estalien me prévint que le reste du groupe était prêt à partir pour Molena et qu’une charrette nous attendait aux portes de la ville. Je quittai mon sanctuaire, non sans une once d’amertume. J’étais las des voyages. Je fus le premier arrivé. Deux chevaux étaient attelés pour le départ et un cheval scellé plus robuste broutait nonchalamment l’herbe jaunit par le soleil. La charrette était emplie d’argenteries, d’ivoires et de tapis, l’appât du gain, encore et toujours. 


 
Je vis arrivé Marten, sa démarche était peu assurée. Il regarda par-dessus son épaule comme s’il était suivie puis ria à gorge déployée, s’arrêta, fit quelques tours sur lui-même et repris son chemin comme si de rien n’était. Il me fit un signe de la tête, sourire aux lèvres et s’installa confortablement sur la pile de tapis, le regard au loin. Ses pupilles dilatés ne me laissèrent aucun doute, l’homme était sous l’effet de psychotropes. Pauvre homme, pour lui aussi le poids des responsabilités est un lourd fardons à porter, la sauvegarde du monde comme nous le connaissons est peut-être entre nos mains. Ah non, j’oubliais, Marten en a cure. Heureux les simples d’esprit car le Royaume de Morr leur appartient. Le fil de ma pensé s’interrompit par la grosse voix de Raspoutine qui menaçait de ne pas nous accompagner si la place des chevaux n’était pas rapidement inversée, pour une histoire de nom me semblait-il. Peut-être une superstition kislevite, je m’en fiche. L’Obietivo qui contemplait la scène depuis un arbre non loin fit quelques acrobaties inutiles mais néanmoins gracieuses pour nous rejoindre. Quant à Esteban, il nous fit attendre encore de longues minutes, il apparût en faisant de grands signes pour que nous le regardions, il courra à grandes enjambés en direction du cheval scellé mais se ravisa en arrivant à quelques mètres du canasson pour finalement arrivé au pas auprès de l’animal. Je détournai la tête mais d’après les sons d’étonnement de mes compagnons, je compris que le jeune avait encore fait profiter toute la galerie de ses clowneries. Je suis las, inexorablement las. Nous partîmes, enfin.  
 
 
Il faisait chaud, la route était inadaptée aux poids de notre opulente cargaison, Marten me mis un coup de coude pour que je puisse constater la beauté du paysage qui s’offrait à nous le long des gorges de la rivière de Tagon, j’acquiesçais pour lui faire plaisir mais la vision de la route tortueuse que nous devions empruntée me donnais déjà la nausée. Mes compagnons chantèrent, fanfaronnèrent mais aucun ne vinrent me porter d’intention. Nous continuâmes ainsi jusqu’au petit matin, à « L’Auberge de la Croisée des Chemins », lieu que nous avions convenu de retrouvé Juan et Bernardo, deux amis d’Esteban. L’auberge était mal entretenue, le tenancier nous apporta une blanquette mais je n’avais pas faim. La seule chose qui aurait pu me mettre un peu de baume au cœur aurait été une tasse de thé mais l’eau croupie que me servit l’aubergiste m’en dissuada. Nous ne restâmes que quelques heures le temps de reprendre des forces et nous repartîmes en compagnies de Juan et Bernardo. Les deux hommes suintaient l’alcool, j’avais le cœur au bord des lèvres. Nous voyageâmes ainsi jusqu’à la tombée de la nuit où nous fîmes escale dans une autre auberge rurale à deux jours de Molena. 
 
 
Mes compagnons s’installèrent à une table pour discuter de l’itinéraire du lendemain, un peu à l’écart je les observai. Esteban dans son complexe d’infériorité essayait de prendre les choses en main. Toujours a montré que malgré son jeune âge, il est autant valeureux que le reste du groupe. Et ce grand kislévite qui n’a que seul et unique Dieu la misérable pièce d’or qui lui permet d’épanché son insatiable pulsion pour de jeunes demoiselles, se cachant derrière des valeurs rétrogrades que seule une poignée d’hommes respectes encore. Ces même hommes qui vêtues de bêtes mortes, sirotent de la glace fondue et sucent des cailloux en regardant les troupes du chaos traversées leur région inhospitalière et ricanant de voir l’Empire à feux et à sang. Et ce prêtre de Taal qui ne sait pas prendre de décision, tu n’as pas besoin de demandé à ton Dieu si tu peux aller pisser, ais-je envie de lui dire. Et Marten, Marten… jouant avec de la cire, insouciant. Et c’est à moi pauvre paysan qui n’ai jamais rien demandé, qui suit devenu ce que je suis par la force des choses. Un être sans sentiments, une marionnette sur qui on s’acharne et qu’on jettera au feu une fois qu’elle sera trop usée. Mais je sais ce qu’il me reste à faire… Une chaise vola, autour de moi, mes compagnons et une partie de l’assemblé avait dégainé leurs armes, j’en fis autant. Deux mercenaires réclamèrent la tête de Marten pour toucher une prime obsolète depuis des mois. Le silence régna, enfin, pour peu de temps malheureusement, Raspoutine ordonna aux chasseurs de primes de baisser les armes. Intimidés, ils s’exécutèrent. Une fois les deux hommes hors d’état de nuire, la soirée repris où elle en était resté et je montai me coucher. 


 
Nous reprîmes la route, d’humeur encore maussade, je me laissai bringuebaler sur la route qui nous menait à Molena. Nous nous perdîmes à seulement quelques lieux de notre destination. Un étrange brouillard c’était rapidement levé ce soir-là et nous trouvâmes rejuge chez un humble érudit de la région. Bien que suspicieux je me laissai profiter du confort de sa demeure. La nuit se passa sans heurts et c’est un jetant un dernier regard lors de notre départ le lendemain matin, que je pu constater la singulière ombre que projetait la bâtisse du vieillard. 
 
 
Molena était en fête, les habitants de cette cité minière avaient pour habitude de festoyer à chaque nouveau filon découvert. Ce qui était le cas à notre arrivée. Pas étonnant que l’Estalie soit si arriéré si un jour sur deux toute la populace s’enivre pour célébrer la moindre futilité. Que Sigmar protège ces ignorants. Mes compagnons décidèrent de profiter des festivités pour présenter notre nouveau spectacle et ainsi se faire une certaine renommé qui pourrait nous permettre de nous faciliter l’accès à l’Inferno, le pénitencier de Molena. Nous entreposâmes notre cargaison ainsi que nos affaires dans l’une des plus belles auberges de la ville, « La Bonne Pêche ». Après avoir obtenu les autorisations nécessaires pour nous produire, nous passâmes la nuit à préparer notre spectacle. Le lendemain, nous installâmes l’estrade et le décor de notre représentation. Une fois fini, plus par routine que par désir je parcourus la ville pour dresser une carte de l’agglomération et apprendre les derniers commérages dont un fut des plus intéressants.  


 
J’appris que plusieurs disparitions avaient été signalées, des hommes putrides s’en seraient pris à des promeneurs sur le chemin menant au pénitencier. Peut-être que l’homme qui est responsable du réveil de ses abominations pourrait me renseigner sur ce que je recherche… Cette si convoitée Immortalité. Je pourrais ainsi enterrer tout ce qui un jour ont voulu ma mort, m’ont insulté, humilié, torturé, utilisé. Je contemplerais du haut de mon infinie savoir leurs carcasses se faire bouffer par les vers. Et je rirai, oui, je rirai enfin !   
 
 

_________________
Ne faites pas attention à moi, je ne suis que de passage.


Dernière édition par L'étranger le Jeu 4 Sep - 19:10 (2014); édité 1 fois
Revenir en haut
Raspoutine
Rôliste 2e Classe

Hors ligne

Inscrit le: 12 Sep 2012
Messages: 15
Localisation: Neuch
Point(s): 27
Moyenne de points: 1,80

MessagePosté le: Jeu 4 Sep - 13:28 (2014)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud Répondre en citant

Journal fragmentaire d'un cocher kislévite en vadrouille dans le sud mais un peu plus au nord




Je gratouillais le menton de Foundouk, qui, ayant senti l'approche de la représentation, grognait d'impatience, et je répétais pour la dixième fois à Pablos comment correctement faire reluire le poil soyeux de mon noble compagnon. Nous étions fin prêt pour le spectacle et je repassai encore plusieurs fois dans ma tête l'ordre de mes apparitions accompagnées de Foudouk. Mes pensées étaient perturbées par la conversation que nous tînmes plus tôt, mes compagnons et moi-même. Il était sujet de dénoncer Marten le défiguré afin de toucher la prime pour sa capture et de le rapprocher du père d'Esteban, prétendument enfermé dans une terrible prison. Bien que très peu convaincu de la présence de ce dernier, je n'étais pas contre toucher quelques pièces d'or contre le pauvre Marten qui se laissait facilement convaincre d'entrer dans la combine.


Nous avions installés moult tentures et décors pour notre spectacle et payés quelques morveux afin d'annoncer notre représentation dans toute la ville mais nous commençâmes pourtant avec une petite moitié des bancs remplis. Je compris alors que Foundouk, pièce maîtresse de notre démonstration, aurait à user de tout son charme pour rameuter la populace. Le spectacle débuta et Mr. Loyal, un nom bien ridicule que choisi Viktor, décidemment obsédé par son anonymat, annonça le premier numéro, Raspoutine Harkovsyn et son magnifique ours Foundouk. Nous entrâmes sur scène et le silence se fit instantanément, je pus lire la fascination sur le regard de la foule et les évanouissement devant la beauté et la puissance de Foundouk furent légion.  Nous exécutâmes alors un numéro parfait, le splendide animal, m'obéissant au doigt et à l'œil, enchaîna les sauts, pirouettes et autres acrobaties et finalisa par une mélodie à la gloire d'Ursun en tapant sur des gongs de ses pattes agiles. Le public applaudi à tout rompre, certains se ré-évanouirent et nous quittâmes la scène humblement. Ce fût ensuite au tour de Marten et Esteban, incarnant respectivement Greg le Greque et Angelo Pirouette, acrobates de renom. Seulement dans la réalité ni l'un ni l'autre ne l'était vraiment malgré plusieurs entraînements, les résultats étaient bien souvent très aléatoires. Je ne fus donc pas surpris, lorsqu'après quelques figures très étranges, Esteban se mit à courir sur Marten qui le propulsa dans les airs. Cependant, Marten le Rotzballer n'avait jamais vraiment appris à gérer sa force, n'y voyant là aucun usage, si bien qu'il projeta Esteban dans une jolie parabole sur la première rangée de bancs, où l'on avait eut la bonne idée d' asseoir les gens importants. L'agilité du jeune puceau estalien lui permit cependant de retourner la situation en atterrissant de manière comique sur les genoux d'un obèse bourgeois qui fût bien obligé d'en rire car la foule s'esclaffait déjà furieusement. Puis Esteban se transforma en ballon humain avec lequel Marten, ou devrais-je dire Greg le Greque, jongla malhabilement se qui obligea Angelo Pirouette à retomber de manière un peu pataude sur la scène. Hué par Greg le Greque, hilare et visiblement encore une fois sous l'effet de psychotropes, Angelo Pirouette feint de l'attaquer et ils réussirent à finir leur tableau dans une fausse bagarre burlesque. La foule ne vit heureusement que du feu dans cette improvisation et sembla continuer d'apprécier le spectacle. Je fût ensuite annoncer pour la deuxième fois mais pour un exercice différent, un autre de mes talents que j'avais décidé d'exploiter. Je déclamai alors un de mes plus beau poème kislévite, faisant pleurer les ménagères, frissonner les plus endurcis et s'évanouir les plus vieux car il faut le reconnaître, en kislev natal et avec les bonnes intonations, ma lecture dura une bonne partie de la soirée. Je me retirai une fois de plus sous les applaudissements d'une foule qui avait sensiblement grossie, et laissai la place à Obietivo pour un numéro de tir. Plus tôt,  ce dernier me proposa à moult reprises de lui prêter Foudouk pour sa prestation, ce qu'évidemment je refusai. Il commença par une démonstration de sa rapidité au tir en lançant cinq petits sacs en l'air et tenta de les transpercer en tirant flèche sur flèche. Cependant il n'eût de succès que deux fois sur cinq, ce qui en soit était déjà une belle prouesse mais il avait lui même placé la barre un peu trop haute. La foule ne fût par conséquence que peu enjouée lorsqu'il demanda naïvement un volontaire pour son prochain numéro. Cachés derrières les tentures mes compagnons et moi-même ne pûmes nous empêcher des nous esclaffer, essayant vainement de ne pas nous faire entendre. Voyant le pauvre Obietivo sans ressources, Esteban prit pitié et alla lui prêter son corps. Je fus partager entre l'admiration et la bêtise devant le geste d'Esteban. D'autant que l'archer n'avait pas appris de ses erreurs et alla directement au plus dangereux en tirant succinctement trois flèches, une de chaque côtés de la tête de l'estalien et la dernière en dessus, tirée si près que je vis Esteban réprimer violement une grimace lorsqu'elle vint se ficher. Le sang sur la cible fût également un bon indicateur que j'eût raison de préserver mon ours de ce numéro.


Mr Loyal annonça ensuite Mr Loyal le transformiste qui usa de ses talents pour changer d'apparence en quelques secondes derrière un drap, prenant tour à tour l'apparence de chacun de mes compagnons et moi-même et nous moquant sur nos traits les plus apparents. Si bien qu'à la fin de son numéro nous étions tous amassés au bord de la scène à le regarder méchamment, il en profita pour s'enfuir comiquement de l'autre côté. J'étais personnellement très enclin à lui régler son compte mais mes camarades reprirent le cours du spectacle comme si de rien n'était. Greg le Greque refit une entrée pour une démonstration de passe de Rotzball qu'il exécuta avec la tête de son marteau, suivi d'Esteban qui, comme à son habitude, humilia un impertinent qui avait accepté son invitation en duel. Je me préparai alors pour le final, ayant harnaché mon ours dans son armure rutilante, je le montai et attendis l'annonce de mon nom. Mr Loyal appela tour à tour chacun de mes compagnons et je surgis en dernier, chevauchant mon bon Foundouk et tirai de mon tromblon une pluie de confettis, ce qui conclu la représentation dans les hourras d'un public en délire.


Comme de coutume nous fîmes passer les chapeaux qui se remplirent pas assez à mon goût mais déjà confortablement et Viktor en profita pour aller discuter avec le vicomte qui avait assisté au spectacle. Esteban de son côté alla demander au nain, sergent de la garde, s'il avait apprécié, ce dernier répondit qu'il aimait surtout l'ours et qu'il n'avait guère d'intérêt pour le reste des pitreries. Ce qui me fit le juger comme un brave nain sensé auquel j'aurais bien proposé quelques cornes de bière si je n'avais dû ranger la scène. Viktor, qui bien entendu n'aida pas aux rangements sous prétexte de nouer des relations, revint plus tard et nous apprit que nous étions forcés de refaire un spectacle le lendemain pour contenter la fille du Vicomte et ses amies. Mais je n'écoutais guère, attiré par le bar de l'auberge où nous festoyâmes le soir. J'allai pourtant me coucher sagement refusant les bières de trop et les avances des filles de joie.
_________________
Le lapin-garou vaincra


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:12 (2017)    Sujet du message: Chapitre 6 - La Confrèrie des Mers du Sud

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Warhammer le jeu de rôle : L'épopée des Porteurs de Vertus Index du Forum -> Warhammer Tails Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: 1, 2, 3  >
Page 1 sur 3

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com