Warhammer le jeu de rôle : L'épopée des Porteurs de Vertus Index du Forum

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Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon

 
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Staffel
Frigo Divin

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MessagePosté le: Sam 8 Aoû - 21:11 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

Ici seront compilés vos aventures suite à la conclusion du procès contre Embustero, la nomination d'Esteban comme corsaire du royaume d'Astarios et votre départ de Magritta pour Luccini.

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MessagePosté le: Sam 8 Aoû - 21:11 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Esteban
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MessagePosté le: Lun 31 Aoû - 01:06 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

Nouveau départ

Tandis que Deux Bottes s'en allait boire sans doute quelques rhums dans une quelconque taverne, nous nous rendions à l'impasse des bouchers pour retrouver Salace Espinel. Cette vieille crapule, méfiante, nous attendait évidemment à couteaux tirés. Nous le détendîmes en lui affirmant que nous n'avions aucun parti pris dans la lutte de pouvoir qui opposait les différents syndicats du crime magrittains. Il accepta de nous livrer quelques informations sur le connétable déchu contre une couronne. Embustero s'était semble-t-il enfuit avec un comparse, Michelo di Casino, sur une île des Mers du Sud. Si l'influence du personnage s'était indubitablement amoindrie, nous ne pouvions négliger un possible retour en Estalie qu'il conviendrait, le cas échéant, de surveiller étroitement.

Le lendemain, peu avant notre départ pour Salamanca, Bernardo nous informa qu'il souhaitait se joindre à notre expédition en Mer du Sud, proposition que nous acceptâmes avec joie. Nous partîmes de bonne heure retrouver Père et poser les premières bases d'une gestion judicieuse de ce fief qui nous était revenu. Le trajet se fit sans encombre. Nous retrouvions enfin cette contrée de province, belle, fertile et généreuse. Des femmes splendides, fraîches s'attelaient au travail des champs en cette période des foins. La région comptait également, à quelques lieux de Salamanca, un port où nous pourrions, à l'avenir, mouiller au besoin.


Père nous accueillit à bras ouverts. Il nous décerna le titre de chevalier de la Tour noire de Salamanca et héritier du marquisat, nous remettant solennellement la lettre de marque attestant cette dignité retrouvée. Il nous informa avec soin de la situation locale. Si la plupart des vassaux s'étaient sans trop rechigner rangés à notre cause, l'un d'entre eux, le Chevalier de Ceuta, continuait à exprimer ostensiblement certaines réticences à notre égard. Le temps effacera sans doute ces triviaux griefs. Nous priâmes néanmoins Père de rester à l'écoute des revendications de ce chevalier et de répondre, dans la mesure du possible, à certaines de ces attentes. Nous le mîmes également au courant de nos deux principales intentions.


La première concernait la fondation d'une bibliothèque publique, réunissant pour commencer les ouvrages disponibles au château puis élargissant la collection au gré des opportunités. Nous contactâmes l'ordre des sœurs de la sainte Jatte qui accepta avec joie de prendre en charge la tenue de cette institution. Nous fîmes une donation de 12 couronnes, assurant ainsi au projet des locaux adéquats tout en pourvoyant aux salaires et à la maintenance nécessaire pour une année.


Le second dessein qui nous tenait à cœur n'était autre que la création d'une école d'escrime que nous baptisâmes L'école de la Tour Noire. Nous rédigeâmes deux lettres, l'une à l'attention du Maestro Espadachín, l'autre à celle du maître que nous avions côtoyé à Los Cabos ; espérant que l'un d'entre eux répondrait positivement à notre appel. En attendant leur réponse, Sigurio s'était engagé à prendre en main la tenue de ce collège et à former, au besoin, les premiers élèves. Nous mandatâmes également le père Gasperoni afin qu'il prépare quelques centaines de tracts ; promotion sur laquelle nous comptions pour attirer les premiers intéressés.


Nous investîmes une centaine de couronnes pour garantir la conduite annuelle de l'établissement. Cette somme comprenait l'entretien des employés parmi lesquels figuraient un administrateur, Sigurio, un maître d'armes, un intendant, une cuisinière et deux serviteurs. Nous étions prêts à accueillir un maximum de quarante élèves. Bien qu'il soit peu probable que, durant les premières années, les effectifs soient aussi importants. Les cours seront dispensés durant 9 mois, laissant ainsi aux apprentis la possibilité de revoir leur famille deux fois l'an. Nous prîmes finalement congé de cette belle contrée qui, en quelques jours seulement, nous avait conquis par sa nature paisible et reposante. L'appel de la mer nous embrassait à nouveau et nous étions tout disposé à lui répondre avec entrain.


De retour à Magritta, nous constatâmes avec satisfaction que notre équipage était prêt. Le navire avait été affrété avec soin, sans précipitation, pour affronter ce nouveau départ. Impatient de lever les voiles, nous réunîmes le conseil pour déterminer l'itinéraire à suivre jusqu'à Luccini. Malgré quelques avis contraires, la majorité des membres approuva une escale sur l'île de Corazon. Si nous connaissions bien la route jusqu'à Almagora, la suite du parcours comprenant le passage des Mille Îles semblait relativement ardu et nécessitait la présence d'un pilote qualifié. Père nous avait conseillé un certain Juan Garcea qui se joint sans broncher à notre compagnie.


Tout le monde était à son poste, un vent bienveillant annonçait un départ propice mais la Méfiance restait anxieuse, nous le sentions. De si longues semaines passées à croupir dans ce port, de surcroît malmenée par les autorités magrittaines... Le profond désespoir que dégageait chaque parcelle du vaisseau nous fit regretter notre négligence, bien que contrainte, à son égard. L'ancre levée, les voiles gonflées, à son impatience tristement manifeste succéda rapidement un frétillement discontinu de reconnaissance, un ravissement impénétrable mais sensible, accentuant encore l'euphorie que nous savourions à la barre.


Nous réalisâmes la sortie du bord avec brio avant de laisser la barre à Juan Garcea pour effectuer un tour du navire. Le pont semblait bien tenu malgré quelques détails que nous réglâmes rapidement. Arrivé dans les cales, nous aperçûmes Niklaus accoudé à un sabord, vomissant ses tripes, et ne pûmes réprimer un commentaire qui égaya l'équipage alentours. Nous le retrouvâmes plus tard, pâle et livide, qui escaladait le mât avec peine tandis que nous nous installions aux commandes ; un léger grain se profilant à l'embouchure de la Baie de la Sérénité. Le large, perspective infinie, étendait désormais ses flots avec orgueil à l'horizon.


Trois jours s'écoulèrent dans le calme. Nous passions la plupart de notre temps à la barre ou parfois à arpenter la Méfiance félicitant ou admonestant l'équipage en fonction de leurs aptitudes. Durant nos heures perdues, nous étudions les cartes des Principautés frontalières et discutions en tiléen avec l'Objetivo, améliorant ainsi notre pratique de cette langue aux consonances harmonieuses. Nous croisions régulièrement Viktor qui s'attelait à la formation d'une chorale, cherchant à réunir un maximum de marins. Les chants hurons irritaient quelque peu les hommes et l'opportunité de canaliser ces premiers emportements nous paraissait judicieuse.


Le quatrième jour, par une après-midi dégagée, nous discernâmes une voile à l'horizon. Exaspéré par l'incapacité de la vigie, qui n'était autre que Niklaus, nous dépêchâmes Alejandro pour le ramener sur le pont. Grâce à notre longue vue, nous reconnûmes le pavillon magrittain d'une petite nef marchande, la Fluvia, et décidâmes de l'accoster pour prendre des nouvelles des contrées dont il revenait et qui nous attendaient. Sans état d'âme, nous fîmes enfermer Niklaus dans un baril durant quelques heures, histoire de lui apprendre comment ce type de manquement à ses fonctions était jugé par ses supérieurs.


Le navire se rapprochait si bien que nous mîmes un canot à la mer au sein duquel nous embarquâmes. Nous échangeâmes quelques informations intéressantes avec le second ; le capitaine du vaisseau, arborant une fière moustache et un tricorne, étant resté sur le pont. Nous apprîmes entre autre que nous devions nous méfier des prix excessifs exigés régulièrement par la guilde des apponteurs de Luccini. En retour, nous leur contâmes les nouvelles de Magritta et appréciâmes, dans les mots de notre interlocuteur, une profonde estime à notre égard ; considération à laquelle nous n'étions pas encore habituée. Quelques sacs de lettres furent encore troqués avant que nos deux vaisseaux reprirent leur chemin.


Un fracas terrible résonna soudain derrière nous. La Fluvia se faisait attaquer par un colossal serpent marin. Au même moment, Viktor nous avertit qu'un goéland venait de s'effondrer, agonisant, sur le pont. L'heure n'était toutefois pas à l'examen de ce présage mais à l'action et nous remîmes ce problème à plus tard. Nos ordres ne tardèrent pas à fuser, relayer par la voix tonitruante de Raspoutine. D'un mouvement habile, nous accomplîmes un demi-tour et fonçâmes vers le navire dont la structure cédait peu à peu sous les constrictions répétées du monstre. Pour prévenir au maximum les dégâts collatéraux, nous optâmes spontanément pour une attaque peu commune, par la tranche. Un silence oppressant, lourd de conséquence puisqu'il déterminait si l'angle d'approche était réussi ou non, précédait toujours le déferlement des boulets. La stratégie se révéla payante. Nos efforts, conjugués à ceux de Raspoutine, terrassèrent le monstre dont le corps inerte sombra lentement par le fond. Les cris de joie qui s'élevèrent de notre navire contrastaient lugubrement avec les hurlements de souffrance qui s'échappaient de la Fluvia ; plusieurs marins succombant encore à la bave corrosive que la créature avait déversée sur leur pont. Les pertes étaient lourdes mais leur nef était sauve, si bien que nous repartîmes.


En début de soirée, une part non-négligeable de l'eau douce que nous transportions dans les barils de la cale se révéla croupie. Marten mit la faute sur Léandro, qu'il fit fouetter sévèrement. Il s'agissait du second signe de mauvaise augure en une seule journée, rendant la situation des plus préoccupantes. La houle, plus marquée au crépuscule, nous obligeait toutefois à garder la barre avec fermeté. Les calculs de Viktor s'avérèrent heureusement très soigneux et nous louvoyâmes sans peine entre les courants et les quelques récifs qui s'élevaient, parfois menaçants, sur notre route.


Durant la soirée, Tracchus convia le conseil à une séance exceptionnelle. Il nous fit part de ses inquiétudes vis-à-vis de l'un de nos marins, François, un bretonnien, dans le dos duquel il croyait avoir observé certaines formes de mutation. Nous le fîmes immédiatement convoquer, lui demandâmes d'ôter son maillot. Les regards se dérobèrent face à l'horreur. Le conseil fut unanime, nous devions nous débarrasser de cette aberration au plus vite. Viktor proposa judicieusement de dresser un bûcher sur un canot ; idée que nous approuvâmes, bien entendu, avec enthousiasme. Nous perdîmes une de nos chaloupes dans l'opération mais le spectacle en valait la peine, d'autant que nous n'aurions sans doute aucune peine à retrouver un canot lors de notre prochaine escale. Nous espérions simplement que ce sacrifice suffise à nous libérer des mauvais présages qui avaient quelque peu assombri la destinée de notre expédition.


Nous entrions peu à peu dans la région des Mille Îles, les passages se faisant plus étroits. La nuit était sombre, sans lune. Nous décidâmes de jeter l'ancre à un endroit propice. Les Hurons, fatigués sans doute par cette longue journée, réagissaient mal aux ordres. Nous les remîmes sèchement à l'ordre avant de rejoindre notre cabine pour une nuit bien méritée. Nous sentions que les responsabilités du capitanat commençaient à peser sur nos épaules. Si, jusque-là, nos choix s'étaient révélés opportuns, nous étions conscients que la moindre erreur pouvait entraîner les conséquences les plus fâcheuses. Ces inquiétudes ne suffirent pas à endiguer le sommeil de plomb qui ne tarda pas à nous submerger.


Nous fûmes réveiller en sursaut, quelques heures plus tard, par Deux Bottes. Une voile arabe avait été repérée au large. Sans trop réfléchir et c'était exactement ce type de jugement hâtif que nous devions éviter, nous ordonnâmes l'abordage. La fougue inhérente à notre jeune âge prenait toujours le dessus. Mais ne ressentions-nous pas, en définitive, un certain plaisir à affronter dans ce Vieux Monde les épreuves avec le panache qui nous animait au quotidien ?


Dernière édition par Esteban le Lun 31 Aoû - 17:17 (2015); édité 2 fois
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Raspoutine
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MessagePosté le: Lun 31 Aoû - 01:07 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

Journal fragmentaire d'un cocher kislévite en vadrouille dans les eaux du sud
 
Quelques jours à peine après notre départ de Magritta, et suivant la résolution de plusieurs petits problèmes logistiques qui ne me plurent que modérément, je pense notamment à la crémation sordide d'un pauvre bougre muni d'un membre supplémentaire qui nous fit perdre un très bon canot, nous arrivâmes en vue des Rochers, preuve de la justesse de notre route vers Corazon. La luminosité ambiante, bien qu'encore peu présente en ces dernières minutes de la nuit, augmentait peu à peu, laissant apparaître au loin ces pics abruptes et autres blocs de roche que l'on aurait dit plantés là par les géants des anciens contes. Notre nouvelle vigie, Niklaus Vieux-Talus, individu plus que particulier de par sa race premièrement et de par ses manières ensuite, se manifesta de sa petite voix fluette lorsque la brume se dissipant, il put apercevoir nettement les premières rangées de monolithes. Je pris en charge l'interprétation de ses exclamations mêlées d'appréhension et d'excitation, afin de les relayer à Esteban qui, profitant de quelques tensions entre Loana et moi, réussit avant le départ à sécuriser insidieusement sa position de capitaine. La décision fût facilitée par le trépignement de l'équipage, qui réussit à comprendre qu'un navire marchand arabéen se trouvait amarré derrière l'un des plus gros bloc de pierre noirâtre qui composait maintenant le paysage. Ces braves matelots, ou matelots en devenir pour la plupart, avaient été engagés sur la promesse d'une part de chaque prise effectuée lors de notre trajet. La perspective d'une proie facile et de surcroît attenante à nos obligations de corsaire de la marine estalienne s'en trouva  dès lors difficilement refusable, mieux valait renforcer la confiance de l'équipage en ces premiers miles marins parcourus en leur compagnie plutôt que de risquer de précoces idées de mutinerie.

 Je jubilai intérieurement à l'idée de pouvoir tester la merveille de technologie que nous acquîmes quelques jours auparavant et qui était maintenant parée à tirer son tout premier boulet. Aidés du professeur Orlando Valdez, que j'engageai à mon service afin d'aiguiser mes arts balistiques, mes deux meilleurs canonniers et moi même procédâmes aux réglages du mortier. Cependant la mer commençait alors quelques peu à s'agiter, rendant le tir moins aisé qu'il n'aurait dû l'être pour un premier exercice. L'arme cracha toute sa furie en une gerbe d'étincelles rougeoyantes et un nuage de fumée d'une vingtaine de pieds fut propulsé au dessus de sa gueule béante. Un silence complet suivi la détonation dont la force fit sursauter les plus aguerris, la Méfiance elle-même sembla absorber ce nouvelle appendice avec caprice, ou c'est du moins ce que j'interprétai des étranges craquements de bois qui se firent entendre à travers tout le bâtiment. Malheureusement une houle trop importante nous arracha un succès total et le semi-homme nous informa que le projectile avait raté la cible d'une bonne dizaine de pieds. Furieux de cet échec, j'envoyai dans la foulée l'ordre de tir des deux canons de 33 livres placés à la proue. Ces derniers avaient été chargés de grosse grenaille et malgré l'agitation marine, les deux pièces d'artillerie atteignirent brillamment leurs objectifs. Grâce au conseil du professeur Valdez, nous admîmes qu'un tir balistique n'avait pratiquement aucune chance et c'est pourquoi les projectiles vinrent frapper les sommets des rochers, propulsant une pluie de fer et de pierre sur le pont du navire adverse. L'estimation des dégâts fût rapidement faite par Niklaus, car les voiles et le pont ne semblaient plus vraiment en état de servir leur fonction premières. Le capitaine Esteban ordonna une manœuvre de contournement du pic auquel il manquerait dorénavant le chef, et nous pûmes nous rendre compte de nos propres yeux de l'efficacité de notre démarche; le seul mât encore debout ne comportait plus que des lambeaux de tissus en guise de voiles, des bouts de ces dernières flottaient tristement aux alentours du bâtiment naval dont le pont était éventré en de multiples endroits. Cependant l'ardeur des ces pauvre diables arrabéens n'en était pas pour autant éteinte, leur affairement sur la gaillarde arrière nous amena à ordonnée une nouvelle volée de boulets. En effet, certainement tirés de leur sommeil par les multiples explosions, les marins enturbannés tentaient péniblement de préparer deux balistes qui n'auraient manqué d'embrocher l'un ou l'autre de nos membres d'équipage, ou pire, d'abîmer le vernis encore brillant appliqué quelques jours auparavant à l'ensemble des pièces de bois de notre somptueux navire. Nous endiguâmes cette possibilité d'une volée de bâbord d'une telle violence que la gaillarde arrière disparue dans un nuage de poussière et que le pont fût nettoyer de la poupe à la proue de toute forme de vie. 

Le cris de joie retentirent aussitôt parmi nos hommes pour lesquels une telle victoire faisait automatiquement figure de preuve de notre vindicte comme de notre invincibilité. Ces derniers ne semblaient pas se rendre compte que la moitié des cris provenaient d'un quart de miles de là où les corps des vivants tentaient de se frayer un passage parmi ceux des non-vivants. Nous envoyâmes rapidement une délégation afin de récupérer le peu de marchandises restantes qui s'échappait péniblement de la carcasse du navire arrabéen dont la ligne de flottaison semblait indiquer une rapide descente au royaume de Manann. Nos braves matelots purent en effet récupérés quelques balots, repoussant hardiment les naufragés à la gaffe. Nous nous aperçûmes également que Marten avait pris l'initiative de mettre notre dernier canot à l'eau afin de porter secours à quelques prêtre de Morr, empêtrés dans leur robes noires, se débattant de façon ridicule à la surface. Il réussit à en sauver une bonne quinzaine, que j'hésitai à repasser par dessus bord mais connaissant la nature capricieuse de la Chèvre, je me retins. Ce n'eût par ailleurs point été chose difficile car à peine arrivé à bord, accompagné de ses réfugiés terrorisés, psalmodiant et pleurnichant, Marten huma l'air et son œil brilla soudain comme rarement auparavant. Laissant les hommes d'église tremblotant sur le pont, il se précipita sur certains des balots fraîchement récupérés. Nous n'eûmes pas besoin de les ouvrir pour en connaître leurs contenus, l'intérêt de Marten pour un bien physique ne comportait que quelques interprétations possibles. Ce dernier se chargea de faire disparaitre la marchandise en un clin d'oeil.
Nous interrogeâmes les prêtres qui se présentèrent comme des pèlerins tentant d'atteindre Luccini. Ils furent passablement terrorisés par Esteban, qui, tentant des les rassurer, réussit avec beaucoup de maladresse à les menacer de plus belle. Sa série de bourde fût interrompue par Viktor, que l'on avait envoyé faire un inventaire à fond de cale pendant la canonnade et qui semblait encore plus renfrogné qu'à son habitude. Il emmena le capitaine à l'écart et nous n'en sûmes pas plus.


Nous attendîmes le lendemain matin afin de repartir, après avoir réglés les différents détails inhérents à une victoire navale, et arrivâmes bientôt, et ce grâce au pilote engagé à Magritta qui, malgré une bonhomie peut rassurante, semblait tout de même connaître la route, à la passe des chèvres. Nous apprîmes que cette passe offrait un sport communément appelé par les quelques aguerris voyageurs présents "La pèche de chèvre !". Extrêmement intéressés par tout nouveau sport, nous décidâmes, Esteban et moi-même, d'y participer. Le détroit que l'on devait emprunter offrait en effet une magnifique opportunité de ramener un peu de viande fraîche à bord. Passant entre deux falaises  offrant des pentes relativement douces, la Méfiance frôlait certaines parois sur lesquelles des chèvres, le regard hagard et curieux, nous regardait passer en mâchant allégrement, nullement effrayées. L'on pût croire qu'après quelques générations de marins affamés, le quadrupède aurait pu prendre quelques précautions à l'approche des bâtiments marins mais rien ne se trouvait plus éloigné de la vérité. Nous entamèrent donc une partie de "pêche de chèvre", à grandes lancées de harpons. Je réussi un beau jet, transperçant la patte d'un animal, je ramenai aussitôt la corde à moi afin de ne laisser à la bête aucune chance d'échappatoire. Le capitaine n'eût pas autant de tact et bien qu'ayant touché sa cible, cette dernière s'échappa en quelques bons, entraînant l'outil planté dans sa chair. Les hurons se révélèrent très bon à cet exercice et la présence de viande rouge et encore saignante au menu du soir rehaussa le moral des troupes. Nous organisâmes des loisirs de pont afin de distraire au mieux notre équipage et créâmes ainsi un atelier tannerie, en parallèle de la chorale déjà établie auparavant par Viktor. Les prêtres récemment accueillis à bord se virent donner le choix or une grande majorité sembla très soulagée de pouvoir aller tanner des peaux plutôt que d'offrir leur voix à Viktor. Je préférai pour ma part les leçons particulières du professeur Valdez en terme de balistique et autre préceptes essentiels au maniement de l'artillerie.
 Le lendemain nous arrivâmes en vue d'une petite île peu avant les rochers de Pavarotta, surmontée d'une  vieille chapelle, célèbre d'après notre sombre ami ensorceleur pour des raisons qui m'échappent aujourd'hui. Du bout de la proue, Deux-bottes, nommé à cette occasion "marin-sondeur", sondait donc les profondeurs à l'aide d'une immense gaffe afin d'éviter de s'échouer sur les hauts-fonds. Une catastrophe fût évitée de justesse par Esteban, alerté par Viktor, qui exécuta une pirouette afin de récupérer la barre, mais je vis clair dans les intentions du jeune estalien bien décider à briller aux yeux de nos braves matelots par n'importe quel moyen. Nous mouillâmes à environ une demi-journée de Corazon afin de passer la nuit et, durant la soirée, conversâmes en comité restreint de la disparition d'un de nos marins qui n'arriva jamais à son poste. Cependant les différents objectifs à venir nous semblèrent alors d'une plus grande importance et nous allâmes nous coucher sans plus d'inquiétudes à ce sujet. Au petit matin, nous repartîmes en direction d'Assiento, village échappant à certains contrôles qui nous auraient empêchés d'écouler les quelques ballots de marchandise peu commune que nous transportions. Nous eûmes cependant besoin de plus d'une heure pour nous mettre d'accord sur la marche à suivre, Marten voulant aller vendre la Mandragorite tout seul, car il s'agissait bien de la drogue qu'il affectionnait le plus, Viktor ne voulant surtout pas laisser partir Marten tout seul et le capitaine et moi-même ne voulant pas laisser Viktor  avec une marchandise qu'il désapprouvait depuis sa récupération.  C'est ainsi que nous partîmes les quatre comme de vulgaires contrebandiers, laissant le bateau aux mains du quartier-maître, et marin-sondeur, Deux-bottes et que nous accostâmes en chaloupe dans une crique à la végétation luxuriante.

Après une bonne marche nous atteignîmes finalement Assiento où l'accueil  nous surpris quelque peu puisque se jetant à nos pieds, une bande de bouseux, visiblement tous affligés par une quelconque maladie de paysan, nous adressèrent moult prières et autres idolâtries.  Plus loin, le spectacle fût encore plus étrange lorsqu'un vieillard qui n'aurait pas dû tenir debout insista pour nous offrir un paquet mystérieux. J'en profitai pour l'interroger sur la meilleur manière de refourguer une cargaison douteuse et obtint de sa part le nom de Guerinos, vraisemblablement actif dans ce domaine. Continuant notre route en direction de notre potentiel acheteur, nous ne pûmes que constater que l'ensemble des habitants de ce hameaux semblaient en très mauvaise condition, certains se roulant même au sol, se tenant le ventre et émettant d'étranges gargouillis. Viktor y vît bien entendu une possession du malin, ne pouvant s'empêcher d'assimiler à ses obsessions chaque événement sortant de l'ordinaire que nous croisions. Je toquai à la porte, et après confirmation de son identité, un vieillard malingre et blafard, du reste comme chaque personne de son âge croisée jusque ici, accepta de négocier notre marchandise. Nous n'en tirâmes pas vraiment ce que nous espérions mais repartîmes tout de même la bourse plus lourde de trente-deux couronnes et chargés également de deux peaux d'ours qui entrèrent dans la négociation et faillirent coûter la vie à Guerinos qu'Ursun ne manquera pas de châtier.


De retour sur la Méfiance, nous levâmes l'ancre au petit matin à destination de Wilhelmdocks que nous atteignîmes en début d'après-midi . Plusieurs navires mouillaient déjà dans la baie, peu étant appontés ce que nous ne manquâmes pas de faire arborant notre pavillon Marienbourgeois. Je rejoins mes compagnons à la Dorade dorée, après une longue promenade en compagnie de Foundouk, que trop heureux de pouvoir dégourdir ses pattes sur la terre ferme. Alors que je n'avais dégusté que deux des treize sortes de bières disponibles et que je commençais à peine à connaître les prénoms des jeunes demoiselles de l'auberge, un homme m'interpella en kislévite, nous trouva un passé commun, que je ne démentis pas, pour finalement me proposer quelques douzaines d'équipements de guerre à bon prix. Malgré mes rétentions à négocier avec un homme utilisant des origines si nobles à des fins mercantiles, nous acceptâmes une éventuelle future transaction mais nous fûmes interrompus par l'un de nos marins qui fit irruption dans la salle commune, nous enjoignant expressément de le suivre à une autre taverne où nos noirs matelots semblaient impliquer dans une altercation. Ne pouvant laisser ces braves hurons défendre l'honneur de la méfiance seuls, j'avalais d'un trait le reste de ma huitième bière et m'apprêtai à aller joyeusement casser des gueules.
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Friederich Marten
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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 01:57 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

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L'étranger
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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 01:58 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

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Esteban
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MessagePosté le: Jeu 8 Oct - 18:38 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

Luccana Luccini des jumeaux


La formidable mécanique des écluses de Luccini nous avait déjà impressionnés lors de notre premier passage dans la cité. Nous étions alors plus jeune ; brisé et rongé par les événements que nous cherchions à fuir. Les années écoulées depuis n'avaient en rien réduit le mystère d’ingénierie activant ces prodigieuses machines, ni du reste la taxe que percevait goulûment les autorités portuaires sur chaque nouvel arrivant... Durant cette lente et extraordinaire ascension – la Méfiance, impuissante et effrayée, l'éprouvant malgré elle – une pénible discussion s'entretint sur le pont quant à la façon dont nous allions déclarer nos marchandises. Le conseil fut convoqué pour mettre un terme à la progressive cohue qui gagnait l'équipage, chacun y allant de ses idées avant de prêter l'oreille à celles des autres.


Viktor et nous-même défendîmes sans ambages notre souhait de déclarer l'ensemble de nos biens commerciaux. Toutes nos tentatives visant à resquiller de telles taxations par le passé s'étaient soldées par de pénibles procès desquels nous n'étions jamais ressortis sans perdre quelques plumes. Prenant le contre-pied de cette sage proposition, les voix de Raspoutine et de Deux Bottes s'élevèrent en clamant qu'il serait facile de dissimuler en douce une partie de notre cargaison. D'autres membres du conseil se firent l'écho de cette perspective frauduleuse, avançant divers plans farfelus. La discussion s'éternisait, dérivant du divertissant au futile, si bien que nous mîmes un terme au débat. Nos intentions étant de vendre ces marchandises à Luccini, nous ne pouvions nous permettre de frauder leur entrée. Le vote se révéla serré puisqu'il fut décidé, à une voix près, que nous agirions en toute légalité. Si cette issue nous satisfit, le décompte des voix suscita quelques inquiétudes à notre esprit. L'honnêteté de certains membres du conseil semblaient s'être bien amoindrie durant ces derniers mois. Malgré une affaire qui marchait bien, la cupidité altérait trop souvent le jugement de plusieurs de nos compagnons. Nous espérions simplement que ce vice ne porte jamais préjudice à la réussite de notre périple.


De retour sur le pont, nous accueillîmes le commissaire du port afin qu'il procède à l'évaluation de nos marchandises. Il exigea la somme de 10 couronnes et une dizaine de pièces d'argent. Après quelques négociations, comprenant la garantie que nous descendrions le soir même au Lamantin saoul, auberge gérée par un membre de sa famille, nous arrondîmes la taxe à 10 couronnes. Marché conclu. Parvenus en haut des écluses, il nous fallait encore louer les services d'un remorqueur pour apponter. Une foule de barque ne tarda pas à se presser devant la proue de la Méfiance, hélant chacune avec plus de zèle l'efficacité de ses services. Malgré l'agitation, Domenico Zarota reconnut une ancienne connaissance qui accepta de nous tracter gratuitement jusqu'au ponton, moyennant quelques verres au Triton d'argent durant notre séjour. La soirée s'annonçait arrosée avant même que nous n'ayons posé pied...


Un homme, revêtu sobrement des atours caractéristiques des prêtres de Morr, nous interpella depuis la rive. À cet appel et reconnaissant sans doute quelque connaissance, Marten descendit du navire pour se jeter dans les bras de cet inconnu, nous rendant ainsi le témoin stupéfait d'une effusion affective que nous n'avions encore jamais observée chez lui. Il nous parut, non sans un certain soulagement, que la drogue n'eut pas encore effacé toute manifestation de sentiment chez notre ami. Le prêtre nous fit plus d'honneur qu'il en convint en telle circonstance, si bien que nous en vînmes presque à considérer son chaleureux accueil avec suspicion. Il nous convia à un tour de ville, proposition que tous acceptèrent excepté Raspoutine qui préféra faire cavalier seul avec son ours. L'animal goûtait avec un tel enthousiasme le retour à la terre ferme que notre guide ne sembla pas s'offusquer du refus exprimé par le kislévite.


En dehors des particularités architecturales auxquels nous étions bien entendu sensibles, la ville dégageait vraiment une insupportable odeur de poisson. Les étales des marchands en étaient remplis et, pour notre plus grand malheur, pas des plus frais... En nous éloignant des quartiers du port, nous humions enfin un air moins lourd et la visite n'en devint que plus agréable. Nous passâmes devant le palais des Doges puis la basilique Sainte-Denise, deux édifices à la constitution robuste dont les finitions témoignaient toutefois d'un soin particulier, très appréciable. Nous pénétrâmes dans le lieu saint, découvrant un intérieur richement orné qui conservait pourtant la sobriété d'un espace destiné à la dévotion et la méditation. Peu après notre entrée, nous fûmes abordés par un des plus hauts dignitaires du culte de Morr, Hemas del Hormos. Étonnant personnage entouré d'un troupeau d'enfants très agités. Nous comprîmes qu'il était temps pour nous de prendre congé de nos compagnons, esquivant ainsi cette insupportable compagnie juvéniles dont la simple vue suffisait à nous agacer. Nous déclinâmes donc avec déférence l'invitation du père Hormos et sortîmes en compagnie du Padre Domenico, Marten et Viktor ayant accepté de poursuivre la visite.


Nous avions diverses affaires à régler et la visite d'une ville que nous avions déjà arpentée passait indéniablement en second dans l'ordre de nos priorités. Nous souhaitions en premier lieu contacter le pilote, Cesare Falcone, que nous avait conseillé Gasperoni pour notre voyage à Sartosa. Ensuite il s'agirait d'enquêter sur les assassins de la Gabardina ; parvenir à infiltrer leur secte d'une manière ou d'une autre et satisfaire notre appétit vengeur suite au combat déloyal que nous avions livré. Mais avant de débuter ces investigations, nous nous accordâmes un bref moment de détente au bord de l'eau, profiter des dernières lueurs du jour en nous délectant du sensationnel « Art de l'escrime », rédigé par le sublime Maestro Oliveras Garcia.


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Raspoutine
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MessagePosté le: Mer 2 Déc - 16:09 (2015)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon Répondre en citant

Les porteur de Vertus affichaient des sentiments partagés à leur arrivée à Luccini, leurs objectifs variaient grandement, d'une certaine ferveur religieuse pour certain à l'appât du gain pour d'autres et certainement d'insidieuses missions obscurs pour les derniers. Ainsi les compagnons se séparèrent rapidement après les quelques formalités d'accostage auquel tout navire doit se soumettre. La plupart décida d'emboîter le pas à la Chèvre qui était appelé à la chapelle Sainte-Denise par son ordre, cependant l'Oblietivo se mit en quête de fournitures pour lui ainsi que pour l'ours de Raspoutine. Ce dernier, qui n'affectionnait pas vraiment les visites aux dieux secondaires, le seul dieu méritant des prières étant Ursun, décida d'aller promener Foundouk et d'acheter le même saumon qu'il avait commandé au prêtre de Taal, regrettant tardivement cette décision dont il craignait une mauvaise exécution. Quelques heures plus tard, ils retrouvèrent Esteban au navire, qui s'était apparemment lassé des liturgies de Morr contrairement à Viktor et à la Chèvre, et décidèrent de faire le négoce des divers marchandises récupérées d'une manière ou d'une autre les jours auparavant. Avant de partir à l'hôtel des ventes et craignant que cela ne prenne du temps, ils instruisirent leurs marins sur les accords passés avec le responsable des écluses, à savoir de se restaurer au Triton d'argent et de coucher au Lamantin saoul.  Cependant la négoce ne dura point, n'eût d'ailleurs point lieu puisque tantôt arrivés au guichet de l'institution commerçante, ce dernier fût fermé au nez d'Esteban et à la barbe de Raspoutine. Le binoclard qui aurait dû les servir, insouciant du danger de mettre un kislévite en colère, bégaya une vague excuse liée à la célébration de Saint Ubelbrich avant de descendre le volet.

Les compagnons décidèrent de ne pas faire d'esclandre, une fois n'est pas coutume, pour s'en retourner au navire. C'est sur le chemin du retour qu'ils effleurèrent l'idée d'une représentation, car il s'agissait bien de l'une de leur nombreuse façade que celle du cirque et de la jonglerie, qu'ils pourraient présenter aux nobles de la ville comme clôture aux combats de gladiateurs devant avoir lieu en lien avec les célébrations des prochains jours. A l'évocation de ces combats sanguinaires, Raspoutine, dont la hache le démangeait sérieusement ces derniers temps, se rappela nourrir l'idée d'y faire un tour et changea brutalement de direction beuglant quelques mots à l'égard de ses deux compères tandis qu'il s'engageait d'un pas rapide en direction des arènes. Esteban quant à lui décida de poursuivre un tout autre objectif et s'en alla faire la tournée des tavernes à la recherche d'un pilote capable de les mener à Sartosa.

Le soir venu, les trois compagnons se retrouvèrent au Lamantin saoul où les membres d'équipage, qui s'efforçaient déjà de ressembler le plus possible à l'enseigne de l'auberge, leurs réservèrent un accueil triomphal. Après plusieurs verres partager avec leurs employés, et accompagnés de certains d'entre eux, la petite troupe décida de changer d'établissement afin de se rapprocher de leurs lits. Suite aux regards noirs lancés par quelques pèlerins nocturnes dans les rues presque désertes de Luccini, Raspoutine intima à ses marins de baisser de quelques tons leurs chants paillards alors qu'ils ralliaient l'auberge du Triton d'argent. L'entrée y fût beaucoup moins chaleureuse, les habitués du lieu jugeant d'un oeil circonspect cette troupe hétéroclite d'étrangers. Cependant, habitués à  ces situations, le conseil restreint de l'équipage de la méfiance proclama une tournée générale qui ne manqua pas de considérablement améliorer leur estime auprès de l'assemblée.

Un inconnu aux longs cheveux sales et au nez imposant aborda alors le groupe et se présenta en tant que Juan Alberto Rendo, capitaine de l'Estrella Roja, et leurs fit une proposition de partenariat dans un projet d'interception de navire tilléen, profitant des guerres intestines rongeant le pays pour s'accaparer un peu d'or. Les compagnons lui demandèrent un certain délai afin d'y réfléchir d'autant que certains d'entre eux ne représentaient déjà plus la Méfiance avec la fierté qu'elle mérite. Ce fût le cas de Raspoutine qui, après s'être fait rabroué par la femme du patron une troisième fois, décida de rejoindre sa chambre et s'écroula finalement dans le lit d'Esteban.

Le lendemain fût accompagné des douleurs crâniennes que l'on peut imaginer, particulièrement violentes pour le kislévite, qui jura de ne plus mélanger plus de dix alcools en une soirée, et le discours que leur tint Viktor n'arrangea rien. En effet le sorcier et le prêtre de Morr revinrent de bon matin et Viktor semblait plus exalté que jamais, Marten pour sa part ne dit rien, ce qui fût éclairci lors du récit de leur expérience. Il leurs fût donc relaté le "miracle" dont Marten fût l'acteur, ce qui ne convainquit pas tous les membres du groupe de la même manière mais expliqua le soudain mutisme de la Chèvre. Il ne fallut pas longtemps avec que tous teste la pieuté du prêtre qui peina à résister à la tentation.

Un message arriva en milieu de matinée, pressant les porteurs de Vertus à se rendre au domicile du père Del Hormos. Ce dernier semblait des plus soucieux lorsqu'ils arrivèrent. Sans même les enjoindre à prendre le thé, il leur annonça la disparition de trois fillettes rousses, Arlette Felini, Ella Doriakosta et Anna Del Hormos, la dernière étant sa nièce. Soucieux de rentabiliser un temps précieux, Raspoutine s'enquit de la récompense liée à cette aide et ne fût pas très enjoué lorsqu'on leur proposa le gît et quelques piécettes. Cependant le groupe finit par accepter cette mission et alla s'installer au Cheval Blanc, au frais de Del Hormos, afin de préparer leur spectacle qu'ils ventèrent à grand coups de rumeurs de garçons des rues.
_________________
Le lapin-garou vaincra


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:12 (2017)    Sujet du message: Chapitre 7 - Vers le levant et l'Echine du Dragon

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